En prélude de l’Examen périodique universel (EPU) de la Guinée, qui aura lieu en janvier 2020, Amnesty International a publié un rapport selon lequel ‘‘les voyants (sont) au rouge à l’approche de l’élection présidentielle de 2020’’. Dans ce rapport, une rubrique est dédiée aux ‘‘droits des lesbiennes, des gays et des personnes bisexuelles, transgenres ou intersexuées (LGBTI)’’.  

Le rapport rappelle que « lors de l’EPU de 2015, la Guinée avait rejeté les recommandations l’invitant à protéger les droits des personnes LGBTI. Tout en reconnaissant que les relations sexuelles librement consenties entre personnes de même sexe sont érigées en infraction dans le Code pénal, les autorités guinéennes ont déclaré dans leur réponse officielle au rapport sur l’EPU que ‘‘cette disposition n’a jamais été appliquée en Guinée. Ces personnes jouissent ainsi d’une reconnaissance tacite de leurs droits. (…) Il reste entendu que [la Guinée] doit tout faire pour encore protéger ces personnes, mais aussi dépénaliser ces choix de vie ».

« Néanmoins, ajoute le rapport, le Code pénal de 2016 continue d’ériger en infraction ‘‘les actes contre nature’’ passibles d’une peine pouvant aller jusqu’à trois ans d’emprisonnement (article 274), créant un climat de peur et de harcèlement à l’égard des personnes LGBTI ».

Selon toujours le rapport, « malgré les affirmations des autorités guinéennes, au moins cinq personnes ont été arrêtées en raison de l’orientation sexuelle réelle ou supposée. Deux hommes ont été arrêtés le 22 avril 2015 à Conakry et condamnés à trois ans de prison par le tribunal de Mafanco en mai 2015. Deux autres hommes arrêtés à Kankan le 18 août 2019 étaient jugés en septembre 2019 ».

Des recommandations

Dans ce rapport publié le 13 novembre dernier, l’ONG, recommande les points suivants au gouvernement guinéen pour examen :

  • Réaffirmer publiquement l’engagement de la Guinée à respecter, protéger et mettre en œuvre les droits fondamentaux de toutes les personnes sans discrimination, y compris celle fondée sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre ;
  •  Envoyer des instructions claires à la police de mettre fin aux arrestations arbitraires, aux placements en détention, aux manœuvres de harcèlement et d’intimidation de personnes en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre, réelle ou supposée ;
  • Abroger les dispositions du Code pénal qui érigent en infraction les relations sexuelles consenties entre personnes de même sexe ;
  • Conduire sans délai des enquêtes rigoureuses, indépendantes et impartiales sur toutes les allégations d’agression, d’arrestation arbitraire et de détention arbitraire fondées sur l’orientation sexuelle, l’identité de genre ou l’expression de genre d’une personne, réelles ou supposées, et traduire tout responsable présumé en justice dans le cadre d’un procès équitable.

Lire aussi: Mon avis sur le rapport d’Amnesty International

Lire aussi: Amnesty International déclare que les voyants (sont) au rouge pour les droits humains à l’approche de l’élection présidentielle

Focus de guinee7.com

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