Le chef de l’opposition guinéenne, Cellou Dalein Diallo n’est pas allé de main morte, lors d’un meeting qu’il a animé à Gueckedou la semaine dernière, en appelant ses compatriotes à prendre  la rue, dès que le président de la République aura l’audace d’afficher ses intentions pour un troisième mandat. C’était en faveur d’une tournée qu’il a entamée en Guinée forestière. Périple qui se poursuivra vers la Haute Guinée.

Dans un  discours très acerbe contre le pouvoir, Cellou Dalein Diallo dénonce le système de corruption et de prébende institué par la gouvernance d’Alpha Condé. Comme le rapporte ces extraits tirés du site guineenews.org. « Notre pays a soif de développement, de justice et d’unité. Hier, on a dit qu’il est vierge, qu’il n’avait pas géré. Donc, on l’a porté au pouvoir. Aujourd’hui, les détournements et la corruption auxquels son gouvernement se livre à travers des marchés de gré-à-gré et des contrats par entente directe sont extraordinaires. La Banque mondiale a commandité un audit en 2015. Résultat, plus d’un milliard de dollars ont été octroyés à des amis du président à travers des marchés surfacturés, plus de trois fois le prix normal ou pour des soutiens pendant la campagne électorale. Aujourd’hui, les infrastructures routières sont dans un état de délabrement total. L’argent est détourné au profit du clan présidentiel. Le système éducatif est dans un état déplorable. C’est le laxisme, la corruption et l’impunité au sein de l’éducation. Allons-nous rester comme ça et attendre ? Allons-nous accepter que notre pays sombre ? Alors, que les guinéens, au-delà des partis, des régions et des ethnies se lèvent pour sauver notre pays. La constitution autorise à chacun de choisir son parti. Moi, je n’ai pas de haine, je n’ai aucune adversité pour quelqu’un qui exerce un droit reconnu par la constitution… », a  flétri Dalein devant une foule de militants en délire.

Pour ce qui est d’un éventuel troisième mandat, le président de l’Union des forces démocratiques de Guinée a déclaré qu’il n’est pas question qu’on en arrive à ce scénario.

« Il n’est pas question d’accepter un troisième mandat. Alpha Condé est en train de tester les guinéens. Mais il faudrait qu’il sache que ça ne marchera pas. Malheureusement, on ne pourra pas le refuser par les urnes. S’il organise un référendum, il dira que le « Oui », l’emporter. Donc, il faudra, dès que la nouvelle sera annoncée, que tous les Guinéens se retrouvent dans la rue. C’est par la rue seulement qu’on peut empêcher le troisième mandat », a lancé Cellou Dalein Diallo. Car pour lui, il faudrait plutôt empêcher toute idée de référendum sous Alpha.

Dans le même ordre d’idée, le secrétaire général de l’Union des forces du changement (UFC) Aboubacar Biro Soumah a lors de l’assemblée générale de son parti qui s’est déroulée samedi dernier, fait savoir que si jamais Alpha Condé se hasardait à persister dans sa tentative de décrocher un troisième mandat, les Guinéens allaient demander purement et simplement son départ.

Ousmane Gaoual Diallo, député de l’UFDG a lui aussi tancé vertement le pouvoir et la Ceni, qu’il accuse de tous les péchés d’Israël.

Ce durcissement de ton résulte du manque de volonté de la part du pouvoir, notamment le président de la République de faire appliquer les recommandations issues de l’accord politique du 12 octobre 2016. C’est du moins ce qu’affirme l’opposition qui s’est sans doute rendue compte qu’elle s’est fourvoyée dans un chemin sans issue en allant à ce dialogue. Dialogue qualifié par certains observateurs comme le dialogue de trop. Pour la simple raison que les précédents dialogues n’ont produit aucun résultat, vu que les recommandations n’ont pas été appliquées.

le démocrate

Aliou Sow

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