La deuxième Session Ordinaire de l’Assemblée Nationale consacrée à l’examen et à l’adoption du budget de l’Etat a été ouverte ce mercredi. Des travaux qui vont s’étendre sur trois et qui risquent de connaître des moments houleux, vu la délicatesse des dossiers qui y seront abordés. Dans son discours prononcé lors de la cérémonie d’ouverture, le président de l’Assemblée nationale Claude Kory Kondiano a invité la communauté internationale à appuyer la Guinée, afin que son économie ne sombre pas.

Le président du parlement a commencé son intervention en rappelant que cette Session démarre dans ‘’un contexte particulier de crise économique et sanitaire que connait notre pays depuis maintenant près d’une année et dont les conséquences influencent négativement toutes bonnes actions engagées par le Gouvernement pour la relance de l’économie Guinéenne.’’

Il est  ensuite revenu sur les performances enregistrées par le Gouvernement de la Troisième République, qui à son avènement au pouvoir en novembre 2010, a trouvé ‘’une situation économique du pays très profondément dégradée au point que tous les principaux agrégats macro-économiques étaient au rouge’’, selon lui.

Pour redresser cette situation ‘’très difficile, il a fallu concevoir et mettre rapidement en œuvre des mesures de stabilisation des principaux équilibres macro-économiques’’, a souligné Kondiano. Ce qui a permis de parvenir à l’atteinte de l’initiative renforcée d’allègement en faveur des pays pauvres très endettés (IPPTE), qui a permis à la Guinée de bénéficier de l’annulation des 2/3 de sa dette extérieure et de relancer l’économie qui a enregistré un taux de croissance de 4,5% en 2012 contre 4% en 2011 et 1,9% en 2010.’’

Il a reconnu cependant que ce rythme a été rompu en 2013 avec ‘’les remous  sociopolitiques, le ralentissement brutal des activités  des sociétés minières, notamment l’arrêt de l’Usine de FRIA et la suspension des investissements de RIO TINTO. Et maintenant, c’est la fièvre hémorragique à virus EBOLA qui vient aggraver cette évolution négative dont les conséquences sanitaires, économiques et, par ricochet, budgétaires sont très lourdes.’’ Le président du parlement a tancé certains aussi certains Honorables.

Députés qu’ils accusent ‘’de naviguer à contre courant de cette volonté.’’ Avec leurs ‘’déclarations incendiaires, ces Députés  se livrent à la diffamation, à des injures, à l’incitation à la haine, et au soulèvement, j’en passe’’, déplore le président. Qui invite ces collègues, ‘’à réfléchir ensemble pour trouver une solution à ce lancinant problème. Cela d’autant plus que les victimes de leurs agissements se trouvent, non seulement parmi les Députés, mais aussi les Ministres, voire le Président de la République.’’ Il regrette que  ‘’la justice reste-t-elle toujours indifférente dans notre pays face à la violation de la loi dans ce domaine,  alors que dans tous les pays du monde, le Procureur Général est très vigilant et toujours prêt à intervenir dès que les Institutions sont bafouées. Ici, il est inaudible, comme si la fonction était inexistante dans la hiérarchie judiciaire dans notre pays.’’
Quand on sait que les Députés auront à aborder des questions relatives à la gestion de l’épidémie d’Ebola, la restructuration de la CENI, qui dans sa forme actuelle ne fait plus l’unanimité. Ainsi que le phénomène de corruption qui ne faiblit pas dans notre pays, il faut prédire une Session houleuse au sein de l’hémicycle. Le président Kory Kondiano n’a fait que donner le ton de cette ‘’empoignade’’ en perspective, en appelant la justice à jouer son rôle quand des officiels sont voués aux gémonies. Des piques qui s’adressent bien sûr à l’opposition dont les critiques à certains égards ne sont pas de nature à plaire certainement au président.

Aliou Sow,  (In L’Indépendant, partenaire de guinee7)