Le ministère de l’Enseignement technique et de la formation professionnelle a organisé les assises nationale, vendredi à Conakry. Alpha Bacar Barry, chef dudit département, espère que ses cadres vont se parler en toute vérité. « Je pense qu’à la fin de cet exercice nous allons tous parler, nous regarder dans les yeux et dire les vérités. Mais au-delà des vérités, du dialogue, nous allons nous pardonner parce que nous sommes condamnés à vivre en tant Guinéens. On peut changer de nationalité mais on ne changera pas de famille, on ne changera pas de pays, on n’apportera la portion de terre qui nous appartient, on l’emmènera nulle part. On passera des années et des années à l’étranger, le désir, l’envie de revenir nous rattrapent toujours. Donc, gardons ce pays pour nos enfants, gardons leur un environnement apaisé », a déclaré Alpha Bacar Barry, ministre de l’Enseignement technique et de la formation professionnelle.

Alpha Bacar Barry, ministre de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle

« Parler libère, surtout parler librement. C’est l’opportunité qu’on donne à des citoyens d’exprimer leur ressenti. C’est aussi un espace où l’on fait l’exercice de dialoguer, échanger et rendre dynamique l’expression. Pour nous, c’est extrêmement important et ça va permettre de camper, de situer l’origine de nos problèmes et du mauvais ressenti », a ajouté le ministre.

Prenant la parole, Mory Condé, ministre de l’Administration du territoire et de la décentralisation, a tenu à préciser que les conclusions issues des assises nationales seront appliquées par décret.

« Un travail préalable avait été fait par la commission nationale provisoire de réconciliation. L’objectif est d’actualiser les données de ce rapport pour prendre la période de 2016 à 2021. À l’issue de ces assises, les recommandations qui seront formulées par les citoyens dans tout le pays, le comité national transmettra un rapport au président de la République qui, à son tour, action par action, verra l’opportunité d’entériner les souhaits formulés par chaque citoyen et, ensuite, transmettre au CNT. S’il y a des questions pour lesquelles il faut légiférer, le CNT fera cela. Si c’est des questions qui relèvent du domaine du décret, des décrets seront pris dans ce sens. Ou, si c’est des question qui demandent des réhabilitations, chaque département ministériel prendra des dispositions pour mettre en œuvre intégralement les recommandations issues de ces assises », a  expliqué Mory Condé,  ministre de l’Administration du territoire et de la décentralisation.

Lors des débats de ces assises, Ibrahima Mah, citoyen habitant du quartier Wanindara dans la commune de Ratoma, a relaté les exactions dont ils sont victimes de la part des forces de l’ordre.

« Je loge à Wanindara, dans la commune de Ratoma. Pour rentrer chez moi, il me faut faire des tours alors que j’ai construit cette maison sur mon salaire avec toutes les privations du monde. Quand les policiers ne veulent pas que je rentre chez moi, mes enfants et moi restons à la maison sans manger ni rien. Le quartier Wanindara est réputé être rebelle. Parfois, quand mes amis me demandent où je loge, j’ai honte de dire que je suis de Wanindara. Pourtant, Wanindara est aussi de la Guinée, c’est un quartier qui relève du territoire national. À Wanindara, il n’y a ni route, ni école publique encore moins d’hôpital. Quand vous allez, il n’y a que des écoles privées. On ne bénéficie pas de services de l’Etat. C’est ce que nous avons voulu dénoncer et on nous prend pour des rebelles », a témoigné Ibrahima Mah.

Et de préciser que « la seule réparation que nous demandons à l’Etat, c’est de réparer l’injustice causée car nous avons les mêmes droits que le quartier Almamyah de Conakry 1 ».

Bhoye Barry pour guinee7.com 

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