Le vice-président chargé des affaires extérieures et de la communication  de l’UFDG, Bah Oury a été suspendu ce mardi 15 avril, de ses fonctions, par le bureau politique, notamment. Une décision qui intervient dans un ciel  qui était déjà orageux, entre un  Bah Oury qui s’est mis dans une posture de frondeur et son président  Cellou Dalein Diallo, qui avait l’air d’appréhender tout ça avec philosophie.

Après avoir longtemps hésité à se décider sur le sort à réserver à Bah Oury,  vice-président de l’UFDG, qui ne partage plus les mêmes vues que lui, Cellou Dalein Diallo a fini par suspendre celui-ci de ses fonctions. Ousmane Gaoual Diallo, député du parti, et proche de Dalein   joint par notre reporter donne les raisons de cette mesure prise à l’encontre de Bah Oury: ‘’c’est le choix du vice-président, Bah Oury de créer des fédérations parallèles et de présider les congrès en dehors des recommandations et des règlements intérieurs. Ce sont là les deux comportements qui ont prévalu à la décision de suspension’’, explique-t-il.

Tout en précisant que Bah Oury  est suspendu pour une ‘’période de trois mois maximum avec l’espoir qu’il reviendra à de bons sentiments et gardera la contradiction sur les idées, sur la divergence qu’il a avec le président de  l’UFDG.’’ Cependant la période de suspension n’est pas indiquée dans la déclaration officielle du parti.

Mais comment en est-on arrivé là ? Il faut rappeler que ces derniers temps, les responsables de l’UFDG se sont livrés à une sorte de ‘’guerre’’ par voie  épistolaire. Communiqué contre communiqué, déclaration contre déclaration, le tout couronné par le verdict du Bureau politique qui est tombé le mardi dernier, suspendant Bah Oury de ses fonctions.

Il y a environ une dizaine de jours,   des partisans de Bah Oury se trouvant en France, ont appelé à la tenue d’un congrès pour le renouvellement du bureau fédéral de l’Hexagone, qu’ils accusent de ‘’surdité’’, et dont le mandat aurait expiré depuis avril 2012.

La direction du parti y a opposé un niet catégorique, en précisant que la manière n’était pas conforme aux statuts du parti.

Ainsi, dans une note signée de Mamadou Dian Diallo, député de l’UFDG issu de la diaspora, le parti a eu  à rappeler aux organisateurs du  congrès de Paris,  qu’il était illégal en vertu des statuts du parti.

« Nous rappelons que selon les Statuts du parti dans son Article 16 alinéa 16.3, les Congrès des Fédérations sont convoqués et présidés par le Bureau exécutif. Or selon le message, ce sont des sections qui convoquent ce qu’elles considèrent comme étant un congrès fédéral », explique M. Diallo.

« Par conséquent, la Direction nationale du parti a sorti une note rappelant  que la convocation de ce congrès est non conforme et est contraire aux dispositions en la matière. La Direction nationale du parti a demandé sur le coup l’annulation de ce congrès et invité les militants à consolider les sections légalement constituées en vue de la tenue du Congrès fédéral conformément aux dispositions des Statuts », a indiqué l’honorable Dian Diallo, contacté par notre reporter.

Une mise au point qui restera sans effet sur la démarche de Bah Oury. Car la réplique de Bah Oury ne s’est pas faite attendre, déterminé qu’il est  d’aller jusqu’au bout de ses ambitions.

« Le congrès est bel et bien valide conformément aux statuts du parti. C’est la raison pour laquelle en tant que membre de la Direction nationale de l’UFDG et 1er  vice-président, je présiderai ce congrès qui élira une nouvelle fédération de l’UFDG de France. Meilleures salutations militantes », a-t-il répliqué.

Bah Oury, a pu ainsi mettre en  place le nouveau bureau fédéral, élu par douze sections de l’UFDG-France. Il s’agit entre autres de  l’île de France, Bordeaux, Grenoble, Strasbourg, Tours, Toulouse, Pau, Clermont-Ferrand, Nice, Amiens, Rennes, Nantes.

‘‘Certains observateurs pensent que cette décision de Dalein a été influencée par Tibou Kamara’’

Une décision vivement critiquée par la direction du parti qui estime que M. Bah a franchi la ligne rouge qu’il ne fallait pas,  et qu’il fallait donc prendre des mesures  coercitives à son encontre. Ceci pour un rappel à l’ordre du frondeur.

Au même moment, ce dernier se disait ouvert au dialogue, pour transcender cette divergence de vue avec son président : ‘’J’ai toujours dit que je n’ai aucune objection à le rencontrer (Dalein). C’est  toujours d’actualité. Mais que ce soit sous l’égide  d’une personne d’une grande objectivité, d’une représentativité incontestable, pour nous permettre de passer en revue les graves dysfonctionnements  dont l’UFDG est victime ; et envisager les mesures pour corriger et mettre en place une feuille de route qui nous engagera tous pour lutter contre la dictature d’Alpha Condé, et pour faire accélérer le processus de changement démocratique dont la Guinée a besoin’’.

Certains observateurs pensent que cette décision de Dalein a été influencée par Tibou Kamara, ancien ministre secrétaire général de la présidence sous la transition, qui dans une sorte de mazarinade publié récemment demandé  Cellou Dalein à prendre ses responsabilités face à la conduite de Bah Oury.

« Cellou doit mettre fin au procès en légitimité que lui intente à la limite du mépris et de l’arrogance Bah Oury, moins pour le punir que rassurer tous ceux très nombreux qui continuent à croire en lui et pensent qu’il fera un bon président pour la Guinée qu’il a le sens de la responsabilité », a écrit Tibou Kamara. Soulignant que  ‘’l’affront de son vice-président; est un test d’autorité pour lui et constitue un vote de confiance avec ses militants et les guinéens, en général; une épreuve de vérité qui déterminera son aptitude à diriger, voire son destin présidentiel qui se joue maintenant et passe aussi malheureusement par régler enfin le ‘’problème Bah Oury’’ entré en dissidence quoiqu’il s’en défende.’’

In L’Indépendant