« Contribution sur la transition en Guinée ». C’est le thème du point de presse qui a été animé, mardi, par Bakary Fofana, ancien président de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI).

Face à un parterre de journalistes, l’ex patron de l’institution en charge de l’organisation des élections en Guinée a procédé à la lecture d’une déclaration dans laquelle, il a entre autres énuméré les défis auxquels les nouvelles autorités devront faire face dans le processus de transition. Avant de donner des conseils au NRD, pour mener à bien la transition.

Ci-dessous sa déclaration.

Défis et Sagesse

 Une fois encore.la Guinée est a la croisée des chemins. Après les départs des Présidents Lansana Conté, Dadis Camara, Sékouba Konaté, et aujourd’hui Alpha Condé, en treize ans le pays est à sa seconde Transition. Un nouveau chapitre de l’histoire politique guinéenne est en marche. C’est le signe que la crise du vivre ensemble et de la représentation est profonde dans notre pays. Ne nous voilons pas la face, la société guinéenne est malade. Dans les rapports entre composantes, dans la manière de penser sur elle-même et son évolution, dans ses rapports avec les autres en oubliant qu’elle doit être une nation.

La transition qui s’ouvre pourra t’elle être enfin le sursaut collectif  et conscient de ce malaise et y apporter la solution idoine ? La crise est l’aboutissement du dérèglement progressif  de l’ordre établi L’ensemble des composantes de la société a sa part de responsabilité avec des degrés variant en fonction du statut et des rôles des acteurs dans la société. L’Elite a une grande part dans ce délitement social. Toutes les offres  publiques socio politiques et économiques sont faites pour satisfaire prioritairement  son ego.

La gestion de la transition qui s’annonce va être un véritable défi  à la nation guinéenne…Elle est différente de sa prédécesseur de 2009-2010, et de celle d’autres pays  dans plusieurs de ses composantes (justification, acteurs, etc.) dont le contexte historique n’est pas le moindre.

Les défis ont pour nom entre autres :

-Au delà des mots, l’acceptation commune que la Guinée est un bien commun, et partant la mise en place d’une dynamique sincère de construction de l’harmonie entre les guinéens

-Définir les bases d’un Etat conscient de ses responsabilités favorisant la stabilité, la paix, le progrès économique, la Justice sous toutes ses formes, et comptable vis-à-vis de la nation

 -Créer les bases d’une culture de la confiance entre toutes les composantes sociales

 Comment Sauvegarder, promouvoir et gérer le  patrimoine national  

-Identifier des axes de renforcement de la sécurité et de la justice pour permettre un renforcement des relations entre citoyens et institutions concernées.

– la question de l’exclusivité et de la représentativité. Conakry n’est pas représentatif de toute la Guinée. Apres la bonne initiative de la consultation des acteurs, il est regrettable qu’on ait oublié le secteur qui fourni plus de 70% de l’emploi dans le pays et presque le même nombre en terme d’habitants, à savoir les représentants  du monde agricole. Etc

La transition, écartelée entre les différents agendas,(Secteur prive, Partis politiques divisés et pressés d’en découdre, la multitude d’organisations de la société civile, la pression des acteurs internationaux ,les calomnies et la désinformation sur les réseaux sociaux et certains médias, le tout sous le regard impuissant des citoyens au nom desquels, sans mandats, on parle et on décide. La tache est ardue. Selon Einstein.» Chacun va dire changement, changement. Mais en oubliant que le vrai changement commence  par soi même »

Il faudra beaucoup de sagesse et de lucidité aux différents  acteurs de cette transition pour résister aux multiples pressions et intérêts contradictoires  pour réussir cette transition afin qu’une autre ne vienne plus dans le pays.

 Le Pr Alpha Condé-dont l’intégrité physique est préservée selon la mission de la CEDEAO, et pour laquelle le CNRD est a féliciter et encourager dans  ce sens- et .les nouvelles autorités  comme l’ensemble des FDS sont aussi des guinéens .Nous ne devons pas accepter que la politique nous divise. Quelques soient nos intérêts corporatistes.

L’intérêt national n’est pas le  produit de l’intérêt  individuel. Mais  l’intérêt général  est un puissant facteur de développement de celui individuel. Quand il y a un malheur c’est toute la population qui en souffre. Quand il y a le bonheur, il en profitera  tout autant à tout le monde..

En cela  la population guinéenne a une confiance  dans l’armée. Continuer à cultiver cette confiance. Certes si l’espace public et politique, dans un environnement de pauvreté est aussi difficile à gérer que celle d’une position avancée, dans les marécages d’une zone de bataille.

Le changement, par nature chez l’être humain, est caractérisé par deux attitudes différentes. D’une part, l’inquiétude face a l’inconnu, et d’autre part l’espoir quand au positif qui peut en sortir.

Dans cette période d’incertitude et d’interrogation sur le devenir de  notre pays, la sagesse serait que les guinéens acceptent de se donner avec sincérité la main dans la paix,  le respect, la tolérance, et l’écoute de l’autre. Pour construire ensemble  cette transition vers des horizons nouveaux porteurs de notre avenir commun. en rassurant les inquiets, et amplifier l’espérance raisonnable des optimistes.

 Puisse Allah répandre sa miséricorde sur le pays.

Bakary Fofana, citoyen

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