Le Syli national de Guinée joue ce dimanche, au stade Al Salam du Caire, un match capital contre les Hirondelles du Burundi. Dans cette confrontation comptant pour la troisième et dernière journée du premier tour, les coéquipiers de Naby Keïta devront remporter les 3 points ou quitter la compétition…

Défaite et match nul totalement interdits. La situation de la formation guinéenne (1point en 2 matches), arrivée à Alexandrie avec de très grandes ambitions, s’est dégradée dès l’entame de la compétition, avec le match nul (2-2) inattendu contre les Bareas de Madagascar (4 points en 2 matches). La défaite (évitable)  concédée par la suite contre les Super Eagles du Nigeria (6 points en 2 matches), sur le score de 1 but  à 0, est venu compliquer les choses, laissant le Syli dans une situation délicate. Personnellement, contrairement aux rabat-joie et autres pessimistes, je crois fermement aux chances de qualification de l’équipe nationale de Guinée. En valeur intrinsèque, elle est beaucoup plus talentueuse que son adversaire et, au vu de l’enjeu de la partie, elle n’a pas besoin de motivation supplémentaire pour faire un grand match.

De son côté, la formation burundaise va naturellement miser sur l’impact physique et la vivacité. Mais, avec les atouts qui sont les siens, un Syli national concentré et batailleur devrait pouvoir remporter cette partie. Voici quelques raisons d’y croire…

Même si l’axe central de la Guinée et le flanc gauche (celui d’Issiaga Sylla) ont retrouvé plus de sérénité, ma grande crainte est que l’entraîneur Paul Put aligne une nouvelle fois une défense avec un maillon faible sur le flanc droit, provoquant déséquilibres, hésitations et pertes de balles dangereuses qui peuvent être potentiellement exploitées par l’adversaire. Pour l’avoir bien observé lors de ses deux premiers matches, je pense que Mikael Dyrestam est encore fragile psychologiquement pour aborder ce genre de match à tension. Or, tous les observateurs l’ont remarqué, l’une des forces de l’équipe du Burundi réside dans la qualité de ses joueurs excentrés. Put doit tenir compte de cela et trouver le moyen de bloquer l’animation de l’équipe adverse au niveau des couloirs. Par ailleurs, il faudra être hyper concentré sur toutes les balles arrêtées près de la surface guinéenne. En effet, logiquement, l’équipe du Burundi va tenter d’exploiter cette faiblesse de l’équipe guinéenne, qui a déjà encaissé deux buts (un contre Madagascar et un autre contre le Nigeria) suite à des absences inadmissibles de défenseurs distraits.

Au niveau du milieu de terrain, les Burundais ont l’habitude de donner beaucoup d’énergie dans les duels et sur les seconds ballons. Techniquement, avec des joueurs comme Amadou Diawara, Ibrahima Cissé et peut-être Naby Keïta (s’il est valide), la Guinée est un cran au-dessus mais il faudra jouer intelligemment pour éviter les contacts rugueux et inutiles dont l’adversaire pourrait abuser, avec l’objectif de remporter coûte que coûte la bataille à ce niveau. Pour déjouer ce genre de plan, le Syli doit accepter d’aller au combat en maintenant un esprit à la fois combattif et collectif  (réfléchir vite et lâcher le ballon au bon moment) ; cela sera absolument nécessaire pour dominer une équipe solidaire et jouant en bloc comme celle des Hirondelles. En observant d’ailleurs le style des deux formations, il ne fait aucun doute que la bataille du milieu de terrain pourrait déterminer l’issue de ce match qui va se jouer à cent à l’heure. Mais, dans la fournaise du stade Al Salam, l’équipe qui refusera de construire le jeu en sautant les lignes pourrait perdre le match…

Venons-en aux attaquants  Sory Kaba, Ibrahima Traoré et peut-être François Kamano (si Put le maintient titulaire). Je pense que les consignes ne doivent pas aller par quatre chemins. Les grands joueurs se servent de ce genre de duel au couteau pour attirer le feu des projecteurs.

La CAN se gagne en marquant des buts : on ne peut pas se permettre, dans un match couperet, comme celui-ci, de vendanger la moindre occasion de but. Les trois garçons ont l’expérience et les moyens techniques de profiter de la principale faiblesse des Hirondelles : une défense centrale lourde et qui ne fait pas forcément les bons choix dans ses relances. On l’a remarqué lors des deux premiers matches et un bon pressing pourrait provoquer des erreurs fatales chez l’adversaire. Enfin, l’esprit d’équipe doit régner de la première à la dernière minute, sans s’énerver ou se précipiter même si le Syli ne trouve pas rapidement le chemin des filets. Il faudra beaucoup de patience si la réaction du bloc burundais est vigoureuse et inattendue. Car dans ce genre de tournoi, où les matches ne sont pas espacés, les joueurs qui n’ont pas l’habitude de jouer au haut niveau accusent très souvent le coup physiquement…

Bonne chance au Syli !

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