L’ex-chef de la junte Moussa Dadis Camara a annoncé sa candidature à la prochaine présidentielle, sous les couleurs du parti dénommé Forces patriotiques pour la démocratie et le développement (FPDD). Une option qui suscite assez de commentaires dans la cité. Car si certains citoyens trouvent que Dadis est dans son droit de nourrir de nouveau des ambitions présidentielles, d’autres par contre pensent que l’ex-chef de la junte doit se laver d’abord de tout soupçon dans l’affaire du 28 septembre 2009, qui avait donné lieu au massacre de 157 opposants dans le stade éponyme.

L’annonce ce lundi  de la candidature de Moussa Dadis Camara,  ex-chef de la junte militaire qu’il a faite à partir de   Ouagadougou, à l’élection  présidentielle  prévue le 11 octobre prochain, suscite des réactions au sein de l’opinion, notamment chez les victimes du massacre du 28 septembre 2009, dont l’une des voix autorisées, Madame Asmaou Diallo, la présidente de l’Association des victimes, parents et amis du 28 Septembre (AVIPA), a déclaré à la presse que cette candidature est tout « à fait normale en tant que citoyen guinéen, et que l’éventuel retour de Dadis pourrait d’ailleurs faire accélérer la procédure  judiciaire ouverte dans le cadre de cette affaire».

Dans sa réaction à cette nouvelle de la candidature du capitaine Camara à la présidentielle prochaine, Mme présidente de l’Association des victimes, parents et amis du 28 Septembre (AVIPA) trouve qu’il revient à la justice de juger de « l’implication ou non » de Dadis Camara dans le massacre survenu le 28 septembre.  Et que les victimes ne peuvent se rabattre que sur cette justice, pour que toute la lumière soit faite sur ces événements.

Pour Mme Asmaou Diallo une candidature de Dadis ne pourra prospérer qu’après le procès, à l’issue duquel les responsabilités seront situées sur le rôle qu’aura joué ou non les personnes citées dans le dossier.

Dans certains bistrots de la capitale la candidature de Dadis est aussi commentée par des citoyens. La plupart  affirme n’avoir pas été surpris par cette annonce  de la candidature de  Dadis Camara, depuis que les membres du parti dénommé Forces patriotiques pour la démocratie et le développement (FPDD) se sont  réunis récemment dans la capitale, pour élire l’ex-chef de la junte à la tête de cette formation politique jusque là méconnue.

Pour cette frange de citoyens,  cela était le signe avant-coureur de cette candidature que Dadis a dévoilé lors d’une conférence de presse tenue ce lundi dans la capitale burkinabè, où il vit depuis janvier 2010.

Ils trouvent que Dadis est dans son droit en tant que citoyen de présider un parti politique et de se présenter à une élection.  D’autres par contre disent qu’il fallait qu’il finisse avec ses déboires avec la justice, étant l’un des chefs militaires cités dans les événements du 28 septembre, avant de se lancer en politique.

Il faut rappeler que l’annonce de la candidature de Dadis a été précédée d’une manifestation de plusieurs femmes, dans la ville de N’Zérékoré, vendredi dernier, pour réclamer son retour au pays. Dadis Camara avait annoncé sa démission de l’armée, à travers un courrier adressé aux autorités guinéennes.

L’homme a été à la tête d’un putsch militaire qui s’est emparé du pouvoir le 23 décembre 2008, au lendemain du décès du président  Lansana Conté. Mais Dadis sera écarté du pouvoir, après avoir été victime d’une tentative d’assassinat lors d’une altercation avec son ancien aide de camp « Toumba » Diakité, dans une garnison de Conakry le 3 décembre 2009.

Il fut ensuite soigné au Maroc, puis ramené au Burkina Faso, pour sa convalescence, en janvier 2010, où il vit depuis cette période.

AS (L’Indépendant)