Chez nos confrères de la radio Espace Fm, ce lundi 26 octobre, le leader de l’UFDG, vainqueur auto proclamé de l’élection du 18 octobre dernier s’est exprimé sur le scrutin. Mais aussi sur les violences post-électorales.

De prime abord, il a dressé les raisons de cette violence.  « Je crois que Alpha Condé en décidant de faire un hold-up électoral lors de ces élections, a décidé d’engager une vaste campagne d’intimidation et de violence en même temps pour faire accepter son hold-up électoral », a-t-il dit.

Si la CENI était équipée comme nous, on aurait eu les résultats en temps réel

« Nous avons recruté et mobilisé 30 mille jeunes. La plupart des diplômés sans emploi. Nous les avons déployés dans les 15 mille bureaux de vote. Nous les avons formés et équipés de tablettes pour leur permettre de capturer dès après l’établissement des PV, l’original même du PV, pour nous l’envoyer à un centre de traitement et de compilation. Si bien que le lundi matin, nous avions tous les résultats des PV dressés à l’issue du dépouillement dans les bureaux de vote. Ce qui nous a permis de dégager les résultats de chaque candidat. Bien entendu personne ne savait qu’on pouvait disposer d’un tel système. Parce que là on a vraiment investi là-dessus (…) j’avais dit que si la CENI était équipée comme nous, on aurait eu les résultats en temps réel. Ceci a dégagé les résultats qu’on a publiés. Ces PV existent. Nous avons donc jusqu’à présent les captures de ces PV.

En même temps, Alpha Condé se rendant compte qu’il perdait, il a demandé de fabriquer d’autres PV. Permettant justement de le déclarer vainqueur. C’est ainsi que les préfets, les sous-préfets, les ministres qui étaient déployés dans les préfectures se sont mis à l’œuvre. On a fabriqué des PV. La fraude a eu lieu pendant la centralisation. C’est-à-dire le lendemain même du scrutin. Lorsque les gens disent que le scrutin s’est bien passé, ils n’ont pas tort. Dans le vote il n’y a pas eu de problème nulle part… »

C’est Alpha qui veut toujours ethniciser les conflits. Et on dit ensuite que c’est Cellou qui est communautariste. Qui sont les victimes de l’ethnicisation ?

« Aujourd’hui on a banalisé la mort des citoyens ici. Imaginez depuis l’arrivée de Alpha Condé, dans les manifestants seulement 230 morts. Jamais d’enquête, jamais de sanction (…) vous savez, c’est Alpha qui veut toujours ethniciser les conflits. Et on dit ensuite que c’est Cellou qui est communautariste. Qui sont les victimes de l’ethnicisation ? Généralement les militants de l’UFDG. On va détruire les boutiques, on va s’attaquer à des gens. J’ai un ami Malinké depuis l’université. Il dit mais faut dire à tes gens de ne pas s’attaquer aux Malinkés. Je dis, mais mon cher, il y a combien de familles qui vivent isolement à Ratoma ? Jamais, vous avez entendu qu’on a tué un Malinké là-bas ? Qu’on s’est attaqué à une concession ! Moi les consignes sont strictes, on ne doit pas s’attaquer à quelqu’un à cause de son appartenance ethnique et même politique. Est-ce que dans tous ces meurtres-là, les 230, puisque le théâtre de ces opérations là c’est toujours Ratoma, vous avez entendu qu’on s’est attaqué à une famille Malinké, ou à un enfant Malinké ? Ou bien vous avez retrouvé parmi les victimes un ressortissant de cette communauté ? Non ! On ne réagit pas comme ça au niveau de l’UFDG…

Ma séquestration, le fait que les policiers, les gendarmes et l’armée soient venus dans mon bureau pour emporter tous les équipements et beaucoup d’archives, et de mettre le siège, le bureau fait partie justement de cette campagne d’intimidation et de violence qu’il a décidée de déclencher contre le vrai vainqueur et ses partisans. Donc je suis séquestré. Mais, il n’y a aucune loi.

Je suis frustré pour l’injustice dont je suis l’objet. Qui sont ceux qui sont assassinés ? Abattus froidement ? Certains, les boutiques sont détruites, vandalisées, des concessions sont brûlées parce que simplement la consigne a été donnée dans le cadre de l’ethnicisation du problème. Moi je suis séquestré depuis mardi. Personne ne peut sortir de ma maison, personne ne peut y rentrer. Vous avez les journalistes qui étaient venus hier pour répondre à mon invitation on a fait les frais de cette séquestration ».

Je condamne et je présente mes condoléances aux familles de ces gendarmes qui sont des compatriotes, qui n’auraient pas dû perdre la vie à l’occasion de ces manifestations

 « Je condamne toutes les tueries. C’est des Guinéens. J’ai parlé de nos frères guinéens qui sont dans les forces de défense et de sécurité. Ce ne sont pas toujours des criminels ; c’est les ordres du pouvoir politiques qui en font des instruments pour commettre des crimes. Parce que non seulement les crimes ne sont pas sanctionnés. Mais parce qu’on inculque la haine et on leur demande d’agir comme ça. De réprimer par tous les moyens. Je condamne et je présente mes condoléances aux familles de ces gendarmes qui sont des compatriotes, qui n’auraient pas dû perdre la vie à l’occasion de ces manifestations ».

Je félicite les jeunes pour leur résistance face aux agressions dont ils sont l’l’objet de la part des forces de défense et de sécurité

« Je félicite les jeunes pour leur résistance face aux agressions dont ils sont l’l’objet de la part des forces de défense et de sécurité, qui devait assurer leur sécurité. Mais qui sont devenus la principale source d’insécurité pour notre peuple. Je les encourage à résister et à défendre leur victoire. Parce que la plupart d’entre eux, c’est des gens qui ont voté. On ne peut pas se fier à cette CENI aux ordres ni à cette cour constitutionnelle.

Je ne me fais pas d’illusions. Cette cour constitutionnelle sera incapable de prononcer des résultats en dehors de ceux voulus par Alpha Condé (…) j’userais de tous les moyens légaux pour faire prévaloir la vérité des urnes, qui m’a donné vainqueur avec 53,84% ».  

Une synthèse faite par Abdou Lory Sylla pour guinee7.com