Les météorologues ont des questions à se poser, les cultivateurs et paysans ont des soucis à se faire sur cette légère pluie exceptionnellement insolite qui a duré près d’une heure d’horloge. Il a suffi d’un faible éclair et d’un tonnerre lointain, pour que EDG coupe pour ne réapparaître que vers 7 heures du matin.

Cette bruine, qui est une pluie exceptionnellement précoce au mois de février, commence à se faire remarquer, puisque l’année dernière encore, à la même époque, une grande pluie était tombée sur Conakry aux mois de février, de mars, d’avril, de mai et presque tous les autres mois, mais par intermittences plus ou moins prolongées en campagne, pour pas servir les cultures. Les pluies précoces s’étaient arrêtées plus tôt que prévu, laissant en épiaison les cultures sans eau, d’où la mauvaise récolte.

La revoilà, la pluie, qui change d’habitude. Donald Trump ne devrait pas douter de la réalité du changement climatique par cette vague de froid et probablement la grande vague de chaleur dans l’hémisphère nord, comme la canicule de 2003, en Europe.

En effet, après une période de pluies abondantes, le Danube était sorti de son lit dans tous les pays qu’il arrose, la chaleur qui a suivi avait coûté la vie à des milliers de vieillards dans des asiles et des sans-abris, tous enterrés dans ce qu’on a appelé là-bas « le carré des indigents ». Cela avait poussé Jacques Chirac à organiser un sommet avec l’Autorité du Bassin du Niger (ABN) pour jeter les premières bases des grands sommet sur le climat. A l’époque, on ne parlait que de refaire le bassin du Niger. Tous les pays riverains de ce fleuve s’étaient engagés, on n’a rien vu par la suite. Il  est plus que temps que les Africains se réveillent, d’autant que l’assèchement du Lac Tchad est un sujet urgent sur la table. Il ne faut pas attendre l’irréparable pour commencer à réparer les têtes de sources et les berges.

L’année suivante, en 2005, l’ouragan Katrina a fait le plus destructeur et le plus coûteux de tous les ouragans connus jusqu’à maintenant.

Les mêmes phénomènes de 2002-2003-2005 reviennent encore, en Europe. On a vu les pluies abondantes faire déborder la Seine et cette vague de froid qui sévit jusqu’à -6 degrés, puisqu’on dit que le froid a déjà fait des morts (déjà 42). La conséquence logique sera la canicule de l’été prochain. Si la logique est respectée, le thermomètre risque de grimper au-delà des 40 degrés

En Guinée, il faudrait s’attendre à une très forte chaleur au mois d’avril-mai, dont la conséquence sera le tarissement des cours d’eau et des puits. Il serait très curieux de voir l’état du fleuve Soumba, de Dubréka, à moins que les pluies  continuent comme l‘an passé pour changer les saisons ; et les conséquences seront à évaluer…

Moïse Sidibé