Du Buffet de la gare au ministère de la Justice, des femmes de l’opposition ont réclamé, ce 28 mars, « justice » pour « 94 victimes » des manifestations politiques.

Tout de blanc vêtues, foulards rouges autour de la tête, les femmes ont chanté l’hymne national, scandé des slogans comme : « justice pour nos morts » ; « on en a marre », brandi des photos de personnes ensanglantées qui seraient des victimes.

Devant la Chancellerie, le ministre Cheick Sako a rassuré les femmes dirigées par Halimatou Dalein, l’épouse du principal leader de l’opposition. « Concernant votre requête, je vous répondrais par écrit sur tous les cas de morts. Pour vous dire que si tu vois qu’il y a eu mort d’hommes, d’enfants, de femmes dans notre pays, au niveau judiciaire et là je le dis avec force, il y a eu une information qui a été ouverte », a dit le ministre.

Poursuivant, il fait remarquer qu’«on peut dire que la justice est lente, on peut dire que certains dossiers dorment, ça c’est vrai, mais vous ne pourrez pas apporter de preuves qu’un dossier d’assassinant, de mort, qui se fait, n’ait pas été ouvert ni à Dixin, ni à Mafanco. Donc je vais faire la liste de tous ces dossiers, vous avez des mandataires, Mme est à côté de moi, elle sera officiellement informée. Encore une fois dans notre pays, il faut qu’on dépasse les passions, qu’on dépasse les anathèmes, il faut que dans notre pays, bien attendu qu’on pointe du doigt ce qui ne marche pas y compris la justice ».

Ensuite il a exhorté ces femmes : « d’ouvrir les yeux, d’ouvrir grandement les yeux, et de me saisir personnellement si une plainte a été formulée devant un tribunal guinéen sur une maltraitance et qu’il n’y ait pas eu de suite et absolument aucune suite. Je ne parle pas de la lenteur de la justice, la lenteur existe dans tous les pays du monde ; donc qu’on soit en mesure de vous démontrer que les victimes que je vois sous les yeux, en tout cas pour beaucoup les procédures sont pendantes devant nos tribunaux. Donc ne dites pas que la justice dort dans ce pays. Personne n’est au-dessus de la loi, que ce soit les forces de la sécurité, les autorités que nous sommes, que ce soit un responsable de l’opposition, que ce soit vous-mêmes femmes, tout le monde doit respecter la loi, tout le monde doit respecter la légalité, si vous voulez que ce pays demain puisse marcher. »

« Moi je ne rentre pas dans les débats politiques, cela ne m’intéresse pas. Donc Madame vous aurez la réponse de vos mémorandums et je vous adresserai également le tableau qui a été fait à ma demande sur les cas de forfaitures qui sont actuellement pendantes devant le tribunal de Dixin et de Matam, concernant les cas de décès ou d’assassinats. Il n y a rien à cacher », a-t-il souligné.

«Voilà  pourquoi cette deuxième fois, j’ai dit que je recevrai les femmes de Guinée, même si vous venez avec le vocable de femmes de l’opposition, pour moi vous êtes des femmes de Guinée ; donc je vous reçois en tant que citoyenne guinéenne, en tant que responsable de la Justice dans ce pays, pour vous dire que tout ce que vous avez entendu, il y a du vrai dedans ; mais vérifiez également vos sources, allez auprès des avocats qui sont proches de vous, dites à ces avocats d’aller dans nos juridictions de mettre leurs nez dans les dossiers des juridictions pour voir qu’il y a des informations ouvertes  contrairement à ce qui est véhiculé dans notre pays, donc mesdames voilà ce que j’avais à vous dire, je suis à votre écoute, vous recevrez une réponse par écrit à votre mémorandum, je vous donne ma parole. »

Abdou Lory Sylla pour Guinee7.com