C’est face à un pool de journalistes, ce lundi 13 mai, que dans ses locaux, la directrice de l’Office national du cinéma guinéen (ONACIG), Mariam Camara, et ses collaborateurs ont démenti des propos de Kader Yomba Condé qui, lors d’une intervention dans une radio de la place, a déclaré « avoir décliné » l’obtention des médailles pour les participants guinéens, lors du cinquantenaire du Festival panafricain du cinéma de Ouagadougou (Fespaco).

C’est en présence de quelques pionniers du 7ème art guinéen, ayant vécu les différentes périodes du cinéma guinéen ou ayant été décorés lors de l’évènement, que la directrice a fait une déclaration.

De prime abord, elle a planté le décor en disant que : « L’ONACIG a été choquée par les propos mensongers de Kader Yomba Condé, relatifs à la participation de la Guinée au Fespaco 2019, sur une radio de la place. Vu la grossièreté des mensonges et des insinuations qui peuvent en découler, l’ONACIG s’inscrit en faux, dénonce et condamne l’attitude maladroite et malhonnête de Monsieur Kader Yomba Condé. La présente déclaration vise à informer et éclairer l’opinion sur ces allégations, qui sont une fois de plus truffées de mensonges ».

Ensuite, elle a informé que : « L’ONACIG confirme que la délégation officielle de la Guinée à la dernière édition du Fespaco, c’est-à-dire le cinquantenaire, était composée sous l’égide du ministère de tutelle, du doyen Sékoumar Barry, auteur de “Et vint la liberté…” ; de M. Moussa Kémoko Diakité et de Mariam Camara, moi-même. Nous avons tous reçu des médailles, mais pour différentes raisons. La mienne, c’est parce que depuis 2013, je suis secrétaire régionale de la FEPACI ; c’est pour services rendus qu’on m’a décerné cette reconnaissance ».

« C’est pour vous dire que quand un Kader Yomba va sur les radios, pour décliner l’obtention de ces médailles, il n’était même pas né. C’est l’absurdité. Nous avons le dos large. Mais il ne faut pas exagérer. C’est la médaille des pionniers. Est-ce qu’il est pionnier ? », a-t-elle ensuite déclaré.

A ce niveau, le doyen Elhaj Sékoumar Barry a expliqué que la décoration qu’il a reçue au Burkina ne s’inscrivait pas dans la logique du FESPACO, mais une reconnaissance remise par une autorité du pays hôte.

Revenant à la charge, Mariam Camra a expliqué que : « Les services de l’ONACIG ne sont donc pas concernés par le soi-disant endettement de Kader Yomba Condé. D’ailleurs, sa démarche s’apparente, au regard de nos services, à une tentative d’escroquerie. Les propos tenus par Kader Yomba Condé et sa démarche maladroite sont le fait de son ignorance. Nous ne lui en voulons pas. Mais tout simplement, il se fait passer pour un connaisseur ; sinon si c’était un vrai, il n’allait pas faire beaucoup de bruit ».

Elle a ensuite précisé, en ce qui est de la participation guinéenne à ce festival, que : « Les trois films guinéens sélectionnés au Fespaco 2019 concernent un court métrage fiction, réalisé par un jeune guinéen avec une production sénégalaise, tourné monté au Sénégal ; l’histoire de ce film est guinéenne. Les deux autres films, ce sont des films d’école, qui ont competi dans la catégorie films d’école, ils ont été produits par l’Institut supérieur des arts de Guinée. Le Fespaco, quand il sélectionne un film, prend en général en charge les réalisateurs de ces films. C’est donc faux et malhonnête de la part de Kader Yomba Condé, d’affirmer qu’il s’est endetté pour envoyer une équipe composée de ces jeunes cinéastes, puisque ces derniers étaient déjà pris en charge. La participation au Fespaco tout comme les financements de l’Etat, sont soumis à un règlement que tous les cinéastes professionnels et sérieux connaissent. L’ISAG, c’est l’institut financé par l’Etat, donc s’il y a des films produits par l’ISAG qui vont en compétition, cela veut dire que l’Etat a participé ».

Enfin, la directrice de l’Onacig a fait noter qu’ « en ce qui concerne le comportement de Kader, on est en train de lui expliquer que le cinéma ce n’est pas comme ça. On ne chasse personne, il est libre de venir au cinéma. Il a dit qu’il a fait un master de droit des affaires. Je pense qu’il serait mieux dans le droit des affaires là-bas qu’ici, mais s’il a choisi de venir au cinéma, il va falloir qu’il s’y plie. Avec mon ministère et mon équipe, on prendra des actions. Là, nous sommes dans une séance d’explication. On verra ce qu’il y a lieu de faire ».

 

Abdou Lory Sylla pour Guinee7.com

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