Ce mardi 12 novembre,  les responsables du  Consortium pour l’observation Domestique des Elections (CODE)  ont donné à la presse les informations globales sur le déroulement des dernières législatives.

Prenant la parole, Dr Dansa Kourouma, directeur de ce programme, a rappelé que le CODE a observé les élections présidentielles de 2010 et a observé la période pré-électorale au compte du scrutin législatif qui s’est tenu le 28 septembre 2013. Et d’ajouter  que le CODE a également observé le scrutin du 28 septembre.

Et de révéler : ‘‘En synthèse, le CODE a enregistré un taux de participation de 75 pour cent qui est proche du taux présenté par la CENI et par les autres missions d’observations nationales. Nous avons été les premiers à l’annoncer officiellement. Et deuxièmement, nous avons constaté qu’à peu près dans 92 pour  cent des cas, il y avait encore du matériel de publicité autour des bureaux de vote. Ce qui est une violation du code électoral. Nous avions fait des recommandations pour que l’administration territoriale, la CENI et les Forces de défense et de sécurité prennent des dispositions pour qu’à 72 heures du scrutin, que tout le matériel de publicité et de campagne soit enlevé aux alentours des bureaux de vote. Parce que, ça entame la liberté du scrutin.’’

Plus loin, Dr Kourouma affirme : ‘‘L’autre élément que nous avons signalé, c’est le nombre de suffrages obtenus par candidat et le nombre de sièges. Cette tendance me semble être importante, mais il faudrait l’examiner avec assez de circonspection. Parce que nous avons observé dans les bureaux de vote urbain ou dans ses zones périphériques. Nous ne sommes pas partis dans les CRD et dans les villages ou hameaux, faute de moyens. Deuxième précision, nous n’avons couvert que 17 pour cent des bureaux de vote. Mais les 17 pour cent statistiquement sont valables. Et ça dépasse les moyennes internationales. Dans d’autres pays, même un taux de couverture de 7 pour cent dont le déploiement se fait de manière aléatoire et proportionnelle est aussi fiable que celui qui a fait 17 pour cent.  Nous avons considéré que le scrutin s’est déroulé globalement de manière calme, paisible, sereine et que les dispositions du code électoral ont été respectées dans 86 pour cent des cas.’’

Par ailleurs,  ‘‘Nous nous interrogeons sur le déroulement du vote dans certaines circonscriptions comme la commune de Matoto où nous avons enregistré un taux de participation de 118 pour cent. On lance l’interrogation parce que nous n’avons pas tous les éléments techniques pour enquêter sur ce qui s’est passé là-bas. Nous pensons que la Cour Suprême devrait s’interroger là-dessus. Le taux de participation très faible dans la région forestière notamment à Nzérékoré exige de tous les Guinéens, de tous les observateurs de s’interroger sur le déroulement des élections dans la préfecture de Nzérékoré. Le taux de bulletin nul dans la région forestière explique que les populations de la forêt n’ont pas été suffisamment informées pour une participation effective au vote. Nous avons trouvé que le taux de participation  était un record à Kankan et à Labé. Mais le taux à Kankan était plus élevé que le taux à Labé et à Conakry.’’

El Hadj Mohamed Diallo