Des usagers et autres passagers de l’axe Conakry-Tanènè ou Conakry-Boké sont régulièrement victimes d’arnaques au niveau des quatre ponts métalliques de la part des militaires (bérets-rouges) qui y sont installés.

C’est un barrage érigé à cet endroit par  des hommes en tenue dans le but, dit-on, de garder ces ponts et d’assurer la sécurité des passagers. Mais le constat révèle que l’objectif  est détourné. Ces hommes armés se sont transformés en policiers de la route pour demander aux chauffeurs de ‘’lever-barrage’’ (argent)   et arnaquer les  passagers  n’ayant pas de pièces d’identité. Le montant retiré varie entre trois et cinq mille (3000 et 5000) francs guinéens.

Pour ce faire, les altercations sont récurrentes entre ces hommes et les passagers sans cartes d’identité. Celui ou celle qui n’en a pas, se trouvera exposé au payement de l’argent. Sinon, il ne passera pas.

En fait, leur problème ne réside pas au niveau de l’âge de quelqu’un. D’ailleurs, ils regardent d’un mauvais œil le détenteur d’une pièce d’identité. Parce qu’à priori, rien ne se gagne de celui-ci.  Et tant pis pour quiconque n’en possède pas.

Dans la soirée du lundi 19 janvier 2015, un véhicule de transport en commun, en provenance de la préfecture de Boffa, avait à son bord, neuf passagers, dont trois sans cartes.

Arrivé au niveau de ce barrage, un agent se dirige vers le véhicule et demande aux passagers de présenter leurs cartes. Sur six neuf ont présenté leurs cartes. L’agent a dit aux trois autres : « puisque vous n’avez pas de carte, donnez chacun 5000 GNF». Deux ont donné 6000GNF, soit 3000GNF chacun, avec prières.

L’agent a insisté à ce que le troisième paye aussi de l’argent. Faute de quoi, le véhicule ne passera pas. C’était une femme nourrisse. Alors, tous les occupants se sont mis à prier l’agent pour qu’il puisse pardonner la femme, mais en vain.

Ainsi, la tension est montée d’un cran entre l’agent et les passagers. La  dispute s’est surchauffée, permettant à d’autres agents de s’y mêler. Entre la femme et l’agent, des injures n’ont pas manqué de part et d’autre, avant que la compréhension revienne. Et le véhicule a été libéré. Seulement tout le monde a retenu que les agents de ce barrage ne s’intéressent qu’à l’argent.

Ces faits qui perdurent en Guinée, relancent de nouveau la problématique de la moralisation des agents des forces de défense et de sécurité. Chose que les autorités, à tous les niveaux, doivent combattre en vue d’instaurer ce petit climat de respect qui manque entre les agents en tenues et les populations guinéennes. Sinon, les vastes programmes de réformes engagés au sein des forces armées nationales par la troisième république n’auront aucun sens républicain.

AGP

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