Agé de 31 ans, Ibrahima Sory Touré, enseignant ; dépressif, selon ses proches, a été retrouvé broyé sur des rails, dans la nuit du dimanche, aux alentours du Petit Bateau, dans la commune de Kaloum à Conakry.

Frère de la victime, Kaba Aboubacar relate les conditions dans lesquelles il a trouvé son frère. « On m’a appelé aux environs de 1h du matin. Il paraît que ça s’est fait vers 23h. On m’a dit que mon frère a subi un accident. Je me suis rendu sur les lieux, j’ai vu que le petit, il était complètement broyé. Dès que je suis venu, j’ai vu la tête, le cœur et les différents membres », a-t-il expliqué.

Questionné sur l’hypothèse d’après laquelle son frère aurait peut-être été tué ailleurs et déposé le long des rails, il retorque : « Ce n’est pas vrai. Nous avons vu du sang et de la chair sur les rails. »

Avant de renseigner par ailleurs, qu’ « il était enseignant. Mais il a eu une dépression mentale. Il n’est pas stable. Et ça fait dès fois qu’il bouge. Je ne sais pas comment il est venu au Petit bateau ici ».

Cependant, le conducteur du train Rusal nie toute implication dans cet événement malheureux.

De prime abord, Seny Fofana décrit la composition de l’équipage, qui d’après lui, veille à ce que le train ne fasse pas de bavures. « On venait hier vers 23h, Ibrahima Bemba Diallo qui conduisait le train était à gauche et moi à droite; on était avec deux militaires : un dans la première machine avec nous et l’autre était dans la deuxième machine derrière », a-t-il narré.

« Arrivé ici, on nous a fait signe de nous arrêter. C’est moi qui conduisais en ce moment-là. Je me suis arrêté. On nous a dit que le train a tué quelqu’un quand on entrait au port. J’ai dit comment cela peut se faire étant donné qu’on a déjà fait plus de 2h de temps à l’intérieur du port. On n’a rien entendu et nous on n’a rien vu ici en entrant au port. On entre avec une faible vitesse ; moins de 5 kilomètres à l’heure. Parce que quand tu viens, il faut garer… Si vous venez avec une grande allure, vous allez perdre du temps. Alors que pour nous, le temps est limité », a-t-il fait savoir.

« Donc je descends de la machine on nous a fait voir les deux bras rattachés à la poitrine, après on nous conduit par derrière, où on a trouvé les deux pieds rattachés aux reins. On a vu la tête et le cœur aussi. On a dit que ce n’est pas nous. Parce que nous en passant, il n’y a avait rien. Il y a quelqu’un qui est sorti et a dit que quand on passait que ce n’est pas la machine qui a tué le gars. Mais quand la machine est passée, le premier et le deuxième wagon aussi, le gars a foncé sur le troisième wagon, et c’est ce qui l’a tué. Que c’est un fou et qu’il le connaît. Voici ce qui s’est passé », a rapporté Seny Fofana.

Les restes du défunt sont à la morgue de l’hôpital Ignace Deen.

Abdou Lory Sylla pour guinee7.com