dav

Face à la presse et ayant en arrière-plan ses bagages mis dehors, une mère de famille, locataire d’un bâtiment de la cité sans-fil (sous la tutelle du ministère des postes et télécommunications) de Kaloum, nous a expliqué mercredi, comment elle a été expulsée de son habitation.

Dans cette affaire, elle accuse mordicus, Zenab Touré, directrice de la planification du fichier à la CENI, d’être la source de son malheur.

Nous présentant ses différents dossiers, notamment la quittance de paiement de loyer, cette dame, nous a notifié occuper les lieux depuis 2011 au compte de la société SOTELGUI. Habibatou affirme également s’acquitter régulièrement du loyer de 200 mille francs guinéens.

En langue soussou, elle est revenue sur les raisons de cette histoire.  « C’est Zenab Touré qui est parti au patrimoine bâti pour dire que le chef de l’État a dit de lui trouver une maison à Kaloum. Et sa première cible a été la cité sans-fil où le patrimoine bâti lui a donné une maison d’un salon chambre douche, mais elle a dit que la maison est petite.  Après elle a regardé partout dans la cité et elle est venue tomber sur ma maison. Elle a autorisé les gendarmes de me déguerpir des lieux sans préavis. Le mardi 24 novembre, vers 18 heures, ma fille m’a appelé pour me dire que quelqu’un est venu avec un document du patrimoine bâti et qu’ils veulent nous expulser de la maison. Et pourtant je suis en règle et c’est ainsi que j’ai appelé notre gérant de Kaloum monsieur Camara pour lui expliquer le problème. Mais ce dernier m’a dit que c’est un faux dossier. Et m’a dit qu’il viendrait récupérer le dossier avec moi. Mais malheureusement il n’est pas venu. Sur ce, j’ai été au patrimoine bâti avec tous mes dossiers, et ces derniers ont dit que ceci est un peu compliqué. En plus ce sont certains cadres du ministère des Postes et télécommunications à savoir le secrétaire général M. Morlaye Youla et M. Fofana, inspecteur général qui sont en train d’aider madame Zenab Touré », a-t-elle accusé.

 Avant de poursuivre que : « Et aujourd’hui mercredi à 6h du matin, j’ai reçu la visite des gendarmes et des loubards accompagnés du conseiller juridique M. Kébé.  Sur coup, ils m’ont dit que c’est le patrimoine bâti qui les envoie de me déguerpir de la maison (…) Je me suis opposé parce que je n’ai reçu aucun préavis.  Ils sont mêmes partis dire à Mounir Cissé, DGA du patrimoine bâti que je ne suis pas en règle  et que je suis mise déjà à la retraite et pourtant c’est faux (…) mais Zenab Touré a insisté à ce que je sois expulsée de la maison et c’est dans ce cadre qu’elle est partie menacer Mounir Cissé de m’expulser et voilà je suis à la belle étoile avec mes enfants et mes bagages, je ne sais plus quoi faire et où aller. Moi je suis souffrante. »

Jointe au téléphone pour recouper l’information, Zenab Touré rejette les accusations. « Je ne suis pas responsable de son déguerpissement. C’est le patrimoine bâti public qui a expulsé madame Bibatou Bangoura. Le bâtiment est géré par le patrimoine bâti public, une simple citoyenne comme moi, au point de vue juridique c’est la loi, je ne peux pas venir prendre les gendarmes pour l’expulser.  Elle vous a menti, elle ne vous a pas dit la vérité.  Elle n’est pas expulsée par moi aujourd’hui, elle ne sera pas expulsée par moi demain ; elle a été expulsée par la direction générale du patrimoine bâti public… le patrimoine bâti affecte une maison à un fonctionnaire et quand tu n’es plus en fonction, il te retire le bâtiment. Je ne suis pas mêlée à son expulsion, mais elle a été expulsée par le patrimoine bâti public », a-t-elle insisté.

Nous avons essayé à mainte reprises de joindre au téléphone monsieur Mounir Cissé, directeur général adjoint du Patrimoine Bâti-public, sans succès.

Abdou Lory Sylla pour guinee7.com