Aicha Camara dit avoir agi par amour en enlevant une enfant. Elle a été amenée à expliquer son acte dans la journée de ce mardi dans les locaux de l’Office de protection du genre, de l’enfance et des mœurs (OPROGEM) à Conakry.

Le commissaire Ibrahima Rifac, chef de département Protection genre et enfance au niveau de l’OPROGEM, a expliqué que c’est, « le cas d’un enlèvement qui s’est passé à Lansanayah barrage. Il s’agit d’un cas d’enlèvement d’une fillette de 3 ans par une jeune fille du nom de Aicha Camara, âgée de 15 ans, sans profession, qui serait venue de Siguiri dans le cadre du lavage des habits pour des gens. Elle a intercepté l’enfant d’un citoyen. L’enfant a fait 8 jours avec elle ».

Il signale également que pour un premier temps, « elle nous a été confiés par le tribunal pour enfant dans le cadre de l’hospitalité. Mais deux jours après, les parents sont venus dans notre service pour déclarer la disparition de leur fillette âgée de trois ans. C’est en faisant le rapprochement que nous avons lié les cas et compris que c’est de cet enfant là qu’il s’agit ».

En pleurs, Aicha Camara est revenue en langue soussou sur les faits qui l’ont menée à l’OPROGEM.

J’ai vu une fillette que j’ai directement aimée, je l’ai prise et je l’ai envoyée avec moi

« Il y a quelqu’un qui m’a envoyé laver des habits dans une concession. Mais là-bas, j’ai vu une fillette que j’ai directement aimée. C’est à cause de ça, je l’ai prise et je l’ai envoyée avec moi. Mais finalement, je me suis rendu compte que je n’avais ni les moyens de la nourrir et aussi de subvenir à ses besoins. Donc avant d’avoir des pêchés vis-à-vis d’elle, j’ai demandé conseil à une dame pour savoir quoi faire d’une fillette qui est portée disparue. Celle-ci m’a conseillé de l’envoyer au commissariat et de signaler que ce n’est pas la mienne », a-t-elle déclaré.

Avant de poursuivre : « C’est ce que j’ai fait. Mais une fois au commissariat, les agents m’ont demandé à qui appartient l’enfant ? Je leur ai dit que ce n’est pas la mienne. Qu’on me l’avait donnée. Tout cela pour que je puisse quitter les lieux en laissant l’enfant là-bas. Dans l’espoir qu’ils pourront eux, retrouver ses parents. Mais, ils m’ont imposé de dire la provenance de l’enfant au risque de me voir enfermée. C’est ainsi que j’ai demandé conseil à une dame peul qui était sur les lieux. Cette dernière m’a conseillée de dire que c’est mon enfant pour que je puisse sortir du problème. Je suis allée dire ça au commissaire. Je lui ai dit que c’était ma fille. Comme j’étais habituée à la petite, je lui ai dit de poser la question a cette dernière à savoir qui était sa mère? Il a fait le test et effectivement, la petite lui a dit que c’est moi sa maman et elle est venue me faire un câlin. Tout le monde a crû en ma version. C’est ainsi que nous sommes restées là-bas. Chaque nuit, on m’envoyait la petite pour que nous nous amusions. Un jour je leur ai dit que je voulais quitter là-bas pour continuer mon travail. Parce qu’ici vous ne me donnez la nourriture que tardivement. Il m’a dit qu’il a un de ses amis qui est très riche, qui peut prendre l’enfant. Mais c’était le monsieur de teint clair. Ce dernier a dit qu’il faut que nous allions à la justice pour signer. Ainsi, que j’aille voir l’enfant de temps en temps. »

Je ne voulais rien de mal à l’enfant

« Je ne voulais rien de mal à l’enfant. C’est juste parce que je l’aimais. (…) Je l’ai trouvée, arrêtée à une entrée avec un bonbon à la main. Je l’ai volée. Elle n’a fait aucun jour avec moi. Je l’ai directement envoyée au commissariat. Les 10 jours dont ils ont parlé, nous les avons passés au commissariat », s’est-elle enfin défendue.

Abdou Lory Sylla pour guinee7.com