A Conakry ce jeudi, des parlementaires et acteurs politiques de tous bords ont échangé leurs expériences avec des jeunes guinéens en matière politique.

Cet événement dénommé  « after work politique » est porté par de jeunes parlementaires avec à leur tête, l’honorable Zenab Camara.

Au cours de la soirée, ces jeunes ont échangé sur les réalités guinéennes avec de nombreux hauts cadres, tels l’honorable Amadou Damaro Camara, président de l’assemblée nationale ; Bah Oury, leader politique ; Mamadou Sylla, chef de file de l’opposition parlementaire ; Dr Makalé Traoré, Boua Konaté, tous candidats à la dernière présidentielle.

D’après l’honorable Zenab Camara,  « l’initiative vient d’un constat : premièrement, nous nous sommes rendus compte qu’il n’y avait plus de dialogue entre les Guinéens en général. Parce que nous avons passé quelques années assez difficiles. Donc il était important de créer un cadre d’échange entre tous les Guinéens, tous les politiciens de tous les bords confondus. Et deuxièmement, nous nous sommes dit à l’assemblée nationale, la neuvième législature qui a eu la chance d’avoir beaucoup de députés jeunes, il fallait que nous puissions faire autrement. Et nous nous sommes dit que ça doit être dans un cadre convivial. Parce que la politique, nous avons des débats passionnés. Mais lorsque nous nous retrouvons dans un cadre convivial entre frères et sœurs, c’est beaucoup plus apprécié. Il fallait l’expérience des plus âgés…  »

La perspective pour elle,  « c’est que chaque deux mois, les gens puissent venir rencontrer les leaders politiques qu’ils ne voient qu’à la télé. Et lorsque nous aurons des projets de loi à l’assemblée, nous voulons que le débat soit ouvert».

Avant d’informer que tous les partis politiques ont été invités à participer à cet exercice.

Quant à l’honorable Amadou Damaro Camara, il s’est réjoui de cet événement qui pourra changer la mentalité des uns et des autres.  « After work politique est une initiative qui doit permettre à la jeune génération de savoir dans quoi nous sommes, quand on parle de politique. Et surtout, quels sont nos échecs ? Je dois avouer d’entrée de jeu qu’ils (échecs) sont beaucoup plus nombreux que nos succès dans ce que nous faisons dans la politique surtout, dans ce pays. Il faut que l’on trouve un cadre en Guinée pour s’expliquer. Quel que soit le nom qu’on voudra donner à ce cadre, mais il faut bien qu’à un moment donné, on se retrouve et on discute. Pour mieux discuter, il faut que l’on recense les contentieux. Ce qui s’est passé en 1960, 1965, 1970…Je suis sûr d’une chose, surtout pour la jeune génération, il y aura des exclamations », a-t-il espéré.

Au sortir de cette rencontre, Bah Oury, président de l’Union des démocrates pour la renaissance de la Guinée s’est réjoui: « c’est tout à fait un grand plaisir parce que nous avons toujours voulu qu’il y ait des espaces de rencontres, des espaces de débats, pour permettre aux différentes catégories d’âges et qui ont des expériences diverses sur le plan politique de pouvoir se rencontrer, d’échanger et de partager. Je crois que l’after work, c’est une bonne expérience qui fait en sorte de multiplier cela. Les Guinéens ont besoin de se parler, de s’écouter, de se découvrir, de revoir leur passé ensemble et de se rendre compte qu’il faut essayer de développer les complémentarités pour que nous puissions construire un meilleur avenir pour demain. »

A la question de savoir si les politiciens plus anciens ont échoué dans leur mission, il a déclaré que tout  « ce qui a été projeté n’a pas été des réussites. Il y a beaucoup de ratés, beaucoup d’échecs, beaucoup de retards et parfois beaucoup de situations très dommageables pour l’évolution de la Guinée.  Je vous dis que dans les années 50, que ce soit les colons et autres, ils estimaient que la Guinée dans les années à venir devrait être le premier pays économiquement développé et qui allait être la locomotive de l’Afrique de l’Ouest. Qui avait un potentiel agricole, énergétique, industriel et autre. Mais plus de 60 ans après qu’est-ce qu’il en est ? La Guinée fait partie des pays les moins développés du monde. Donc nous devons tirer des leçons. Pourquoi cela a pu être possible ? Et non pas rejeter la responsabilité sur tel ou tel. Mais ausculter la société de manière beaucoup plus profonde. Pour tirer les enseignements et pour se dire maintenant comment on doit faire pour faire redémarrer ce pays, pour le reconstruire et rattraper notre retard. Je pense que c’est ce qui est en train d’être fait et dans la bonne direction ».

Abdou Lory Sylla pour guinee7.com