Sidya Touré, leader de l’UFR

 

Le président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) Cellou Dalein Diallo a fait un tour du côté de la commune de Kaloum, le samedi dernier, où il a animé un meeting au siège ouvert par son parti dans ce bastion traditionnel du pouvoir, conquis lors des dernières législatives par l’Union des forces républicaines (UFR) de Sidya Touré. Le chef de file de l’opposition ne cache pas son ambition de bénéficier à son tour des faveurs des populations de cette commune qui abrite le centre des affaires de Conakry, lors des joutes électorales à venir.

Le rêve nourri par le  président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) de faire basculer la commune de  Kaloum, dans le giron de son parti, prend forme petit-à-petit. Même si l’entreprise est loin d’être gagnée. Vu les tiraillements qu’il ya autour de cette commune de la capitale abritant la présidence de la République et toute l’administration publique et privée du pays.  Alpha Condé n’a toujours pas digéré d’avoir perdu Kaloum lors des législatives de 2013.  L’UFR de Sidya Touré avait réussi là un véritable tour de force, en remportant le scrutin à l’uninominal face au RPG-arc-en-ciel. Le parti au pouvoir qui traine la mauvaise  réputation de ne drainer les foules qu’en usant de l’achat des consciences, à travers la distribution de numéraires, ne s’avoue pas vaincu, et jurerait de laver cet affront lors des communales.  Et c’est dans cette perspective que  Cellou Dalein Diallo s’invite aussi dans la danse à travers sa formation politique, qui a installé un siège dans la commune de Kaloum, en bravant l’hostilité de la mouvance présidentielle. Pelé Diop qui a offert l’hospitalité au parti de Cellou, dans Kaloum, n’en fini plus avec des déboires. Il a été évincé de son poste d’entraineur de l’Association sportive des forces armées (ASFAG) par les autorités qui ne lui pardonnent pas de militer au sein d’un parti de l’opposition. Mais Pelé Diop ne s’est pas laissé abattre par ce déchainement de « haine » contre sa personne. Le parti au pouvoir a même implanté l’effigie du président devant le siège de l’UFDG à Kaloum. Un acte qui frise la provocation, selon l’UFDG.

Tout ça illustre les difficultés que l’UFDG devra affronter sur ce terrain miné. Car l’UFR ne cédera pas ses plates-bandes aussi facilement à l’UFDG, qui constitue tout de même un adversaire politique. Même s’ils sont tous de l’opposition.

Il faut rappeler toutefois que Dalein lors de son meeting de Kaloum a tenu à dire qu’il ne cédera pas à la provocation. « Je suis vraiment gêné pour la Guinée parce que je fais face à une provocation de ceux qui devraient prendre toutes les dispositions pour préserver la paix et la cohésion. Comment voulez-vous que le RPG  vienne implanter  l’effigie de leur candidat au siège de notre parti ? C’est une provocation. Ça montre encore une fois l’irresponsabilité du gouvernement. Parce que cette photo a été inaugurée par le gouvernement de la République de Guinée. Ceci montre encore l’irresponsabilité d’Alpha Condé et de son gouvernement », a tempêté l’opposant.

Et d’enchaîner « mais quoiqu’il fasse, en 2015, il va partir. Nous allons libérer notre pays de la haine, de l’injustice, de l’arbitraire et de la discrimination. Promouvoir la vraie réconciliation entre les fils du pays, nous mettrons tout en œuvre pour que les conditions de vie des guinéens soient fortement améliorées. Parce que nous avons les moyens de le faire. C’est seulement l’égoïsme, la corruption et la concussion qui empêchent aujourd’hui les guinéens de vivre décemment. »

Le président de l’UFDG a ensuite informé ses militants sur les manifestations que l’opposition compte organiser dans son bras de fer avec le pouvoir. « Nous venons de sortir d’une réunion où nous avons décidé de reprendre nos manifestations de rue pour dire « non » à la violation de nos lois, « non » à la violation par le Gouvernement de ses engagements pris dans les accords politiques. Nous comptons sur Kaloum, il faut que vous vous mobilisiez », a lancé Dalein à la foule.

Pour lui « le gouvernement ne s’arrêtera pas tant que le peuple ne se dressera pas devant lui pour dire qu’on en a marre. Maintenant on en a marre, il faut qu’on le leur montre. Peut-on compter sur Kaloum ? « oui » répond la foule. »

Cellou Dalein Diallo a conclu en ces termes « nous allons commencer les manifestations le jeudi prochain (2 avril, ndlr).  Il faut que Kaloum soit prêt pour montrer que nous en avons marre. Et que nous voulons une Guinée réconciliée. N’ayez plus peur. Je sais que Kaloum va donner le ton. Nous commençons les manifestations le jeudi 2 avril. Nous n’arrêterons que quand nos revendications légitimes seront satisfaites ».

Le ton employé par le leader de l’UFDG dans son discours illustre la détermination de l’opposition à ne plus se laisser rouler dans la farine comme par le passé.

Alpha Amadou Diallo (Le Démocrate)  

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