Poursuivi dans les dossiers de « communication et divulgation de fausses informations, de menaces, notamment de violences ou de mort » et de « participation délictueuse à un attroupement », l’activiste Oumar Sylla alias Foniké manguè, était devant la cour d’appel ce jeudi.

Alors que les deux affaires étaient inscrites au rôle d’audience, c’est la première qui a été discutée.

Le procureur Mohamed Kaba a donné les motifs de l’appel relevé par le procureur Sidy Souleymane Ndiaye de Dixinn.

Selon lui, le président du tribunal de Dixinn, en renvoyant Foniké Menguè à des « fins de la poursuite », le 27 août 2020, a violé plusieurs dispositions du code pénal et de la loi sur la Cybersécurité.

Avant d’estimer que le mot « assaut » utilisé par Foniké Menguè sur Facebook est bel et bien de nature à faire de l’incitation. Et que le parquet qui est « un et indivisible » soutient que Oumar Sylla a tenu des propos dont il n’a pas les preuves. Ce qui selon lui constitue les faits qui lui sont reprochés.

À son tour, le parquet a demandé le renvoi de cette affaire.

Face à cette demande, Me Mohamed Traoré, l’un des conseils de Foniké Menguè, a fait savoir que cette demande s’apparente à de la « banalisation de la liberté des citoyens ».

Il a demandé la mise en liberté de son client, parce que, « la détention provisoire n’est plus nécessaire ». Il a donné pour preuve, la non virulence de son client : « Comme j’ai entendu hier, on le dit, le FNDC est mort. Donc ce monsieur ne représente aucun danger pour la stabilité du pays, contribuer à faire baisser la tension dans le pays. »

Demande que le procureur a trouvé « sans objet ». Parce que d’après lui, Foniké Manguè a été relaxé dans cette affaire et n’est donc pas en détention pour celle-ci. Mais pour la deuxième.

Enfin, le président du tribunal, Seydou Keita, a rejeté la demande de liberté et renvoyé l’affaire au 3 juin. Avant de passer à la deuxième affaire.

Dans celle-ci, Foniké Menguè avait été condamné à 11 mois d’emprisonnement par le tribunal de Mafanco pour « participation délictueuse à un attroupement ».

Dès l’ouverture, Me Salifou Béavogui, a rappelé les faits qui ont été reprochés à son client. Avant d’affirmer que ce dernier n’a « pas pris part à une manifestation et il n’avait pas appris à manifester. Pour attroupement, il faut qu’il y ait beaucoup de personnes. Mais il était seul », a soutenu l’avocat.

Il a soutenu que dans cette affaire, il y a eu la violation de plusieurs articles du code de procédure pénale. Donc, il a demandé au juge d’infirmier la décision du TPI de Mafanco.

Le procureur a signalé que Foniké a « été arrêté alors qu’il était sur une moto à l’occasion d’une manifestation interdite ». Pour lui, « toute liberté est assortie de limitation. L’ordre public mérite d’être jalousement protégé ».

Il a considéré que la loi a été appliquée dans toute sa rigueur. Que Foniké Menguè a été arrêté alors qu’il « excitait la foule ».

Ce à quoi Me Mohamed Traoré, a opposé « l’amour de certaines personnes pour Foniké Menguè ». Ce qui, selon lui, « n’est pas une mobilisation ».

Pour sa part, le procureur a fait une demande de jonction des deux procédures, signalant qu’il s’agit de la même personne. Ce que Me Mohamed Traoré trouve « impossible ».

Enfin, le président du tribunal a renvoyé l’affaire au 3 juin. Tant pour décider sur la demande de jonction de procédure du procureur que sur les réquisitions et plaidoiries.

Abdou Lory Sylla pour guinee7.com