Depuis plusieurs jours, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) traverse à nouveau une crise née entre les commissaires eux-mêmes. Ce mercredi 25 octobre 2017, notre rédaction a contacté Dr Dansa Kourouma, président du Conseil national des organisations de la société civile guinéenne (CNOSCG) pour son commentaire. Pour lui, cette crise est personnelle, elle n’a pas atteint l’institution dans sa globalité.

« Je regrette qu’une crise comme ça, soit étalée à la place publique. Pourtant, chaque institution traverse des périodes de turbulences. Dès qu’on réunit plus d’une personne, il faut qu’on s’attende à des conflits d’intérêts, mais étaler du coup à la place publique, ça explique le fait que les problèmes de la CENI restent encore profonds et préoccupants. Donc, je demande d’abord aux commissaires d’utiliser les voies de recours à l’interne, avant de se prêter aux spectacles devant les medias. A défaut d’une solution à l’interne, ils peuvent saisir les recours externes qui s’imposent dans la matière », déclare Dr Dansa Kourouma.

Le président du CNOSCG estime que cette crise prouve que la CENI est fragile. « Les conflits liés au fonctionnement et à l’application du règlement intérieur de la CENI pourraient être portés devant les juridictions compétentes. Mais un commissaire est tenu à l’obligation de réserve, pour étaler tout cela à la place publique ; je trouve que ça explique la fragilité de l’institution et les problèmes qui surgissent, qui ont même amené, motivé cette révolution, sont loin d’être résolues encore. Mais j’estime, c’est mon point de vue, que cette crise est personnelle, elle n’a pas atteint l’institution dans sa globalité. Je demande au président et à tous les commissaires de mettre les mécanismes à l’interne, pour éviter une nouvelle déconfiture de l’institution », souhaite-t-il.

Parlant des conséquences de cette crise, cet activiste de la société civile guinéenne affirme que si la crise n’est pas maitrisée maintenant, elle va impacter l’organisation des élections locales prévues pour le 04 février prochain. « Si la crise n’est pas maitrisée, ça peut impacter la tenue des élections locales naturellement. Parce que la CENI est une institution, elle est composée de personnes qu’on appelle les commissaires, de personnels qu’on appelle assistants. Si la crise n’est pas canalisée à ce stade, ça va impacter le calendrier électoral », prévient Dansa Kourouma.

Et d’ajouter : « Le problème de la CENI est un problème institutionnel. Institutionnel, c’est la conception même de la notion d’indépendance par les commissaires de la CENI eux-mêmes ; la deuxième chose, c’est le respect du serment des commissaires qui est très important, parce que ça c’est le point de vue de l’éthique et de la morale. La troisième chose, c’est du point de vue capacité technique et opérationnelle et la quatrième chose, c’est la capacité du respect des textes fondateurs et fonctionnement de l’organe. Si l’ensemble de ces problèmes ne sont pas maitrisés, la CENI sera une institution à problème. Donc, elle ne continuera pas avec efficacité et professionnalisme à nous organiser des élections crédibles » (sic), argumente t-il.

« J’appelle les commissaires qui sont frustrés, de revenir à la maison et que la plénière soit l’instance souveraine de prise de décision. D’ailleurs, je conseille à la CENI de se doter une commission de discipline. Une commission de discipline qui permettra d’évaluer le niveau d’application de la loi, qui veillera au respect des principes éthiques et déontologiques d’une institution d’organisation des élections et qui va veiller aussi aux comportements des commissaires entre eux-mêmes. Au niveau extérieur, nous, observateurs de la société civile, nous demandons à la CENI que les crises internes ne soient un prix pour le non-respect du calendrier électoral. Nous voulons que le calendrier du 04 février soit respecté et ça c’est non négociable, parce que des engagements ont été pris de part et d’autre pour que cette date soit respectée. Ça fait l’objet de consensus et même l’opposition a accepté d’accorder une trêve pour que ce calendrier ne soit pas reporté », conclut-il.

Bhoye Barry pour guinee7.com