La délégation de l’OIF chez Sidya Touré, leader de l’UFR

Une délégation de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) séjourne dans notre pays, dans le cadre d’un appui en information et en termes technique à la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), en prélude à la présidentielle du 11 octobre  2015.  Cette mission pourrait également jouer les bons offices entre le pouvoir et l’opposition qui se tiraillent autour du chronogramme électoral.

La délégation de la Francophonie a échangé avec les acteurs politiques la semaine dernière, pour s’enquérir de l’évolution de la situation de crise qui affecte le processus électoral. Vendredi dernier, cette mission conduite par Mohamed Sokana a rendu visite à  Cellou Dalein Diallo, chef de file de l’opposition. Ce dernier a saisi cette opportunité pour dire ce qu’il pense du processus électoral. Et sa lecture de la manière dont le pays pourrait organiser « des élections libres, transparentes  et inclusives. »

Cellou Dalein Diallo aurait aussi décrit le climat de tension qui prévaut sur le plan sociopolitique suite au blocage qui affecte le processus électoral. Ces visiteurs auraient à leur tour affirmé avoir pris bonne note des préoccupations du chef de l’opposition guinéenne.

Le président de l’UFR, Sidya Touré a eu droit à la même visite  le mercredi 27 mai dernier à sa résidence, à la Minière. Sur l’état des lieux du processus électoral, le président Sidya Touré n’a pas manqué de rappeler que depuis 2011 l’opposition se battrait  pour ‘’obtenir l’organisation des élections ainsi que les différents dialogues dont les conclusions n’ont jamais été respectées’’.  L’ancien Premier ministre a aussi  pointé du doigt  le caractère ‘’illégal des délégations spéciales ainsi que la volonté du pouvoir de les utiliser pour un hold-up lors des élections à venir’’, indique son parti dans un communiqué publié à cet effet. Sidya Touré, a ainsi informé la mission de l’OIF que « malgré que l’Opposition ait gagné les 5 communes de la capitale, elle n’a pas un seul conseiller communal, à plus forte raison à l’intérieur du pays. Il y a une volonté délibéré  de caporaliser l’ensemble du processus électoral.»

Le leader de  l’UFR a indiqué qu’il ‘’serait mieux d’arrêter les travaux de la CENI pour 48h afin de permettre aux acteurs politiques d’amorcer le dialogue afin de trouver une solution de sortie de crise.’’

Cette mission de l’OIF s’est fixée comme objectif  ‘’l’accompagnement de la CENI  à travers un appui technique.’’ Mais elle pourrait tenter de régler le différend entre le pouvoir et l’opposition, en vue de faciliter la tenue d’élections apaisées.

Il faut rappeler que l’OIF est un partenaire de la Guinée qu’elle a accompagnée lors de la présidentielle de 2010. Mme Michaëlle Jean, Secrétaire générale de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) a aussi effectué  une visite à Conakry en  mars 2015, juste après sa prise de fonction.

Cette visite avait pour objectif  selon elle d’apporter « le soutien et la solidarité de son institution à la Guinée dans sa croisade contre la fièvre hémorragique à virus Ebola. » Tout en  rassurant  les autorités guinéennes de l’accompagnement de son institution dans le processus démocratique en cours.

Elle avait déclaré pour l’occasion « la Francophonie s’est engagée aussi depuis toujours aux côtés de la Guinée pour le renforcement de la démocratie, de l’Etat de droit et des institutions dans ce pays. Et cela passe par l’esprit de dialogue, alors que la Guinée s’engage vers un processus électoral, vers les élections. Là encore, la Francophonie répond présente et dit nous sommes là. Parce que les conditions de dialogue qui se sont réalisées ici, nous y avons contribué. Donc, nous sommes là pour accompagner également le processus électoral pour que les choses se passent dans un esprit apaisé, dans le calme que cette population largement éprouvée, a besoin. »

Des discours qui avaient fait polémique. Étant donné  que l’opposition y avait  vu un soutien affiché au président Alpha Condé dans le bras de fer qui l’oppose à ces adversaires politiques autour des préparatifs du scrutin. C’est le lieu de dire   que l’OIF est loin de rassurer tous les acteurs politiques impliqués dans le processus électoral. Bien qu’étant « indispensable » dans le processus électoral guinéen pour son expertise qu’elle met à la disposition du pays.

Mamady Kéita, In Le Démocrate