Abdoul Gadiri Diallo

Des cas confirmés de Covid 19 ont été enregistrés à la maison d’arrêt de Conakry. Pour prendre en charge ces personnes infectées et d’éventuels cas, le gouvernement guinéen a installé un centre de traitement épidémiologique (CTE) dans l’enceinte de la maison centrale de Corontie (Conakry).

Une mesure applaudie par les organisations de défense des droits de l’homme évoluant en Guinée. Tout de même, elles plaident auprès du ministère de la Justice, garde des Sceaux pour un désengorgement des prisons.

“La mise en place de ce centre de traitement au niveau de la maison centrale de Conakry, comme étant une mesure positive qu’il faut vraiment saluer dans la mesure où nous, avant qu’on installe ce centre de traitement, on avait attiré l’attention de monsieur le gardes des Sceaux sur le danger de l’expansion du coronavirus dans ces endroits pareils. On avait même proposé des mesures qu’il fallait prendre dans le cadre de ces engorgements des prisons», a déclaré M. Abdoul Gadiri Diallo, président de l’Organisation guinéenne de défense des droits de l’homme et du citoyen (OGDH).

Faire en sorte que toutes les personnes non essentielles dans les maisons de détention soient libérées

Pour cet activiste des droits de l’homme, « le plus important pour nous, c’est de faire preuve de beaucoup de transparence pour avoir avec précision les cas qui sont avérés au niveau des maisons de détention. Je voudrais également relever que si pour la maison d’arrêt de Conakry cette mesure a été prise, il faut que les autorités guinéennes prennent les dispositions pour élargir et étendre aux prisons de l’intérieur du pays. A défaut de pourvoir le faire par faute de moyens nous suggérons que monsieur le ministre de la Justice tienne compte des recommandations qu’on lui avait proposées et de faire en sorte que toutes les personnes non essentielles dans les maisons de détention, je veux parler des personnes qui sont enfin de purger leurs peines et d’autres qui ont au moins totalisé les 2/3 de la peine qui leur a été infligée. Voir comment prendre des mesures pour élargir ces personnes-là », a plaidé M. Diallo au téléphone de notre reporter, ce jeudi 14 mai.

La prison centrale de Conakry, 1500 personnes pour 300 places normalement

M. Souleymane Sow, représentant d’Amnesty international en Guinée, abonde dans le même sens que le président de l’OGDH. « Installer un CTE à la maison centrale, c’est une bonne chose pour les détenus déjà infectés. Comme l’a rappelé le secrétaire général des Nations unies, tous les organismes y compris l’OMS, nous appelons l’Etat à désengorger les prisons. Vous savez la prison de Conakry abrite près de 1500 personnes pour 300 places normalement. Il y’a un surpeuplement à la maison centrale », a-t-il expliqué.

Parlant des cas d’interpellation de certaines personnes à Conakry et à l’intérieur du pays par les forces de l’ordre, M. Abdoul Gadiri Diallo de l’OGDH dira : “Il ne faut pas que le gouvernement guinéen profite de la trêve due au Coronavirus pour essayer de faire des arrestations au sein des personnes qui ne sont pas de la même opinion que le régime en place.

Par ailleurs, M. Souleymane Sow d’Amnesty international Guinée, estime qu’”il faut qu’on arrête la chaîne de contamination et nous ne pensons pas que c’est en installant un CTE, qui est une bonne chose, que nous allons par contre couper la chaîne de contamination dans les prisons”, a-t-il dit tout en soutenant que les personnes nouvellement arrêtées peuvent être des sources de contamination au Coronavirus.

La liste (des personnes à gracier) est déjà prête; mais pour le moment, c’est le dépistage de tous les détenus du pays qui est la priorité

Contacté par notre rédaction, M. Sékou Keïta, chargé de Communication du ministère de la Justice pour savoir à quel niveau se trouve l’élaboration de listes des détenus qui pourraient bénéficier d’une grâce présidentielle. Selon lui, la liste est déjà prête mais pour le moment, c’est le dépistage de tous les détenus du pays qui est la priorité. 

“La liste est finie, nous sommes maintenant dans l’opération de dépistage de l’ensemble des détenus”, a annoncé Sékou Keïta avant de se prononcer sur une éventuelle grâce présidentielle. “C’est possible dans la mesure où les gens qui doivent bénéficier d’une grâce présidentielle ne sont pas testés positifs, s’ils sont testés positifs, ils sont obligés d’abord d’attendre le temps qu’ils soient guéris. La priorité d’abord c’est l’obtention du dépistage”, conclut-il.

Bhoye Barry pour guinee7.com

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