Depuis un temps, Boubacar I Barry et Amadou Diarouga Diallo débattent sur www.guinee7.com du départ ou non de Cellou Dalein Diallo, président de l’UFDG. Nous vous proposons leurs derniers avis par ordre de réception dans notre mail.

Le choix de Boubacar I Barry: Dalein à tout prix

Diarouga DialloSoyons moins naïfs
Selon vous, le véritable responsable de la mort de nombreux manifestants est Alpha Condé et en exigeant le départ de Dalein Diallo en fait, je fais du président de la République mon «nouvel ami et allié». Selon vous encore, la réalité du terrain impose que l’on accepte la violence et le meurtre sous prétexte que c’est de la faute du pouvoir en place. Pour finir sur ce point, vous me dîtes qu’en exigeant le départ de Dalein Diallo je fais reposer toute la responsabilité sur les épaules du Président de l’UFDG, qui en vérité n’est qu’un pauvre martyr d’un système qu’il a lui-même servi pendant 20 longues années, et qui lui a appris à s’habituer à l’odeur du sang.

Voulez-vous me faire croire, Monsieur Barry, que Cellou Dalein Diallo qui A DÉJÀ EXERCÉ LE POUVOIR, qui a mené une vie politique sous DEUX régimes MILITAIRES (ministre sous Conté et opposant sous Dadis), n’est pas en mesure de faire face à un gouvernement CIVIL tel que celui d’Alpha Condé?
Vous êtes en train d’avouer par vous-même l’incompétence de l’homme que vous soutenez.

Voici Cellou Dalein Diallo depuis 1996. Il a été successivement : Ministre des Transports des Télécommunications et du Tourisme, dans le gouvernement de Sidya Touré; Ministre de l’Équipement (Transport, Travaux publics, Télécommunications et Environnement (1997)); Ministre des Travaux publics et des Transports (1999); Ministre des Pêches et de l’Aquaculture dans le gouvernement de François Fall (2004); Président du groupe économique du gouvernement chargé d’assurer, pendant la vacance du poste de Premier Ministre, la coordination des huit départements ministériels du secteur économique (Finances, Coopération, Plan, Mines, Agriculture, Commerce, Tourisme et Pêche); et PREMIER MINISTRE DE LA RÉPUBLIQUE (2004-2006).

Depuis 20 ans, c’est-à-dire le temps d’une vie, cet homme a eu l’occasion de voir que les manifestants se font tuer dans la rue, que la violence est endémique en Guinée et que le développement du pays passe par la paix sociale.
Un homme est mort dans l’exercice de ses fonctions, le 5 février dernier. Il n’était pas en train de manifester! Il était devant le portail du siège de l’UFDG. Il n’a même pas eu besoin de protester devant Alpha Condé! Il est mort au nez et à la barbe d’un parti qui est supposé proposer autre chose aux Guinéens que des bains de sang ou des luttes pour des droits civils qui cachent en réalités des luttes de pouvoir et des ambitions personnelles!

Bande d’amateurs!
Tout le monde a vu que Bah Oury avait quelque chose dans sa poche lorsqu’il s’apprêtait à franchir le portail du siège de son parti, il n’en a pas fait mystère. La version officielle de l’UFDG tout de suite après le drame, a été de dire que Bah Oury était armé et venait pour s’en prendre à Dalein Diallo. S’il était si dangereux, à quoi servaient tous ces gros bras devant le portail? Étaient-ils incapables de simplement demander à l’individu devant eux ce qu’il avait dans sa poche, puis de procéder à une fouille en règle, avant de le laisser passer afin qu’il puisse exprimer son désaccord en toute démocratie? Ne me dîtes pas que les hommes placés devant Bah Oury étaient incapables de le désarmer de manière professionnelle s’ils avaient vraiment peur de son « arme ». La mort du regretté Mohamed Diallo illustre parfaitement un abus de la part de ceux qui leur ont donné des ordres.

Dans un parti qui fonctionne, on laisse à l’homme exclut le loisir d’exprimer son désaccord, et si on a peur pour sa sécurité, on s’assure d’avoir en face de soi un homme désarmé et entouré d’une garde rapprochée, sans nécessairement tuer par balle les journalistes qui font leur travail ! Je pourrais continuer de lister pourquoi le journaliste Mohamed Diallo n’aurait jamais dû mourir à cet endroit!

Ça suffit
Cette triste logique du « si tu n’es pas avec nous tu es contre nous! » illustre un manque profond d’imagination.

Selon vous, quiconque est « contre » Dalein Diallo est pour Bah Oury. De ce fait, vous orientez tout votre discours sur le fait que, puisque je me dresse contre un homme que le sang ne dégoûte plus, cela signifie que je suis pour le pouvoir en place. Le discours de dédouanement de Dalein Diallo après le décès de Mohamed Diallo prouve très clairement qu’il se comporte déjà exactement comme le pouvoir qu’il est supposé combattre. En réalité, Monsieur Dalein Diallo est un bon élève. Il a été formé à la bonne école, pendant 20 ans, celle de Conté. Il n’a aucun égare pour ceux qui meurent et c’est pour cela que ces gens meurent pour rien.

Soyons un peu moins crédules, Monsieur Barry, ou du moins prenons un peu de hauteur dans ce débat. Il ne s’agit pas de prendre parti pour l’un ou l’autre, il s’agit d’avoir foi en son pays, de valoriser les talents de la Guinée. Est-ce que la Guinée n’est peuplée que de Bah Oury et de Cellou Dalein Diallo? Est-ce que notre pays manque de forces vives ? Est-ce qu’au sein même du parti personne ne réfléchit? La Guinée fourmille de talents, ce n’est pas vrai, que critiquer l’UFDG signifie nécessairement se rallier au pouvoir. Ça signifie qu’on sait qu’on peut compter sur des forces réelles présentes sur le terrain, pour peu qu’on leur laisse la possibilité d’exister!
D’ailleurs, Monsieur Barry, vous semblez craindre Allah, suffisamment pour Lui obéir et ne pas tuer impunément la vie qu’Il à fait sacré. Vous signez pour une Guinée nation, laissant deviner que vous aimez votre patrie. MashaAllah! Mieux que Dalein Diallo, proposez-vous à l’UFDG! Je suis certain que bien du monde aura dès lors au moins l’assurance de la vie sauve, et vous réaliserez peut-être que personne n’est irremplaçable!

Le sens de l’observation
Quiconque observe un peu la dynamique politique SAIT PERTINAMENT que manifester ne sert à rien, sauf à sonder l’adhésion du peuple à sa cause. Le véritable changement ne se joue pas dans la rue, mais plutôt à travers les réseaux. Et Dalein Diallo le sait très bien, puisqu’il s’appuie exclusivement sur son réseau à lui, communément désigné comme le “directoire du parti”, pour imposer ses vues!

Vous arguez que si Dalein Diallo est absolument irremplaçable c’est parce que Bah Oury a changé son fusil d’épaule et qu’il s’est rallié à l’ennemi traditionnel pour déstabiliser le seul parti d’opposition crédible du pays. Vous ajoutez que si on en est là aujourd’hui, c’est en clair parce que le pauvre Dalein a été « trop gentil » (le terme exact que vous employez étant celui de « courtois ») et que de toute façon Bah Oury aurait dû aller en cour. Et tout compte fait, selon vous, il faudrait savoir quel est le programme de Bah Oury, et dans la mesure du possible, se contenter du moins pire et donc conserver Dalein en place.

Or, Bah Oury,qui en passant est le fondateur de l’UFDG et donc celui qui est à la source du programme actuel du parti, n’a jamais remis en question la position de Président de votre protégé. Dalein Diallo refuse simplement la notion de partage de pouvoir. Il préfère ignorer les engagements qu’il a pris à Dakar en 2014 et lors du congrès de 2015 concernant le statut de Premier Vice-Président qui remplace le Président en cas d’absence ou d’empêchement, de Bah Oury. Ce statut lui a été accordé par le congrès
Votre protégé s’est dépêché de convoquer un conseil extraordinaire composé de députés, de secrétaires nationaux et autres personnes qui selon les statuts et règlements de l’UFDG n’avaient aucune autorité pour décider de l’exclusion du Premier Vice-Président. Ceci sans lui donner l’occasion d’exprimer son désaccord, ou simplement de recevoir cette décision en personne. Tout ceci pourquoi? Parce que Bah Oury a demandé à votre très démocrate Dalein Diallo de dire publiquement comment sont gérés l’argent et les biens de l’UFDG. Gênant n’est-ce pas?

Amadou Diarouga Diallo

Citoyen Guinéen

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Continuons le débat UFDG/BO

Boubacar-1-BarryL’on a beau dire que l’ignorance de la réalité confine à l’arrogance et la preuve la plus illustre se trouve entre ces lignes que vous trouvez du plaisir à produire.

Mon cher ami, vous avez une méthode machiavélique grave qui consiste à raccourcir les éléments juste pour ne pas avoir l’audace de parler de ce qui vous gênerait.

Pourquoi avez-vous peur de commencer la carrière de Dalein Diallo à son début?

Vous savez bien que Dalein Diallo n’est pas seulement le fruit de la gouvernance de Lansana Conté. Il est aussi et avant tout de la pire école que nous ayons connue dans ce pays, à savoir : l’école ethno-fasciste SEKOUISTE, le plus  sanguinaire de nos dirigeants que vous admirez certainement sans hésitation. Pour votre gouverne, je voudrais dire que Dalein  est diplômé de 1976, à moins que je ne trompe sous le cocotier, et a intégré l’administration de celui-là qui est à la base de notre retard (Sékou) car c’est bien lui qui a exterminé la quasi-totalité de nos intellectuels alors que, l’expérience a montré qu’on ne peut pas développer un pays  par des analphabètes. Sacré, vous!!!

Vous faites preuve de beaucoup de passion quand vous écrivez, chose vraiment admirable. Cependant, moi je vous invite à la raison et non aux suppositions et à l’interpretamen.

Car, à chaque fois que vous vous livrez à l’interpretamen, vous passez à côté de la plaque.

Un exemple : je ne vous ai jamais dit que Dalein est irremplaçable, il l’est comme tout autre responsable, à défaut, que je cesse de prôner une quelconque idée démocratique. Et de passage, je vous remercie de m’avoir conseillé de me proposer à l’UFDG. Mais là encore, vous tirez à côté mon cher ami, car pour aspirer diriger un parti, non pas parce que je manquerai d’idées et d’initiatives pour le faire, il faut à priori que je sois militant/membre. Cependant, la réalité est toute autre. Je ne suis pas militant même si je peux me reconnaître SYMPATHISANT.

Il n’y a aucune structure de l’UFDG qui en produira un démenti. Par contre, je soutiens ceux-là qui se battent dans ce parti qui est le dernier rempart contre la tyrannie dans ce pays.

Je ne suis pas de l’UFDG, mais j’aime les militants de ce parti qui se battent au prix de leur vie et de leur tranquillité contre un système auquel je suis opposé jusqu’à mon dernier souffle.

Je ne défends pas Dalein, loin s’en faut, mais je suis contre la méthode BO et son revirement politique. Je ne danserai pas au rythme des sirènes du pouvoir. Je suis de ceux-là qui sont opposés. Je le demeure aussi.

Ce qui me différencie avec vous, c’est que vous êtes de ceux-là qui peuvent changer au prix d’une simple sonnerie du pouvoir. Alors que moi, je reste constant dans ma position et mes analyses. Si hier Alpha était une peste et qu’aujourd’hui vous le trouvez MESSIE, salut à vous.

Et avant de continuer, je pense que vous trouvez inspiration dans ma religiosité. Êtes-vous sûr de ce que vous dites? Je parie que vous ignorez ma confession car je peux être musulman, chrétien ou libre penseur ( cas le plus probant d’ailleurs dans un monde guinéen plein de musulmans où on implore Allah à qui mieux mieux!!!)

Pour revenir au cas de Mohamed Diallo, paix à son âme, je veux dire que ce digne Monsieur que j’ai connu il y a de cela plus de 11 ans, ne peut pas faire l’objet de notre débat. Laissons-le se reposer pour parler de nos différends.

Vous dites, je cite : ‘’ Dans un parti qui fonctionne, on laisse à l’homme exclu le loisir d’exprimer son désaccord’’. Mais non et jamais. Un homme exclu d’un parti n’a plus droit à la parole dans l’enceinte de ce parti. Par contre, il peut saisir un tribunal et/ou s’offrir une tribune dans les médias car n’étant plus membre dudit parti. A défaut où serait la force du droit, l’autorité dirigeante.

BO, votre mentor, a confondu le droit à la force avec la force du droit. Ce qui est bien gênant et déplorable.

Mais comme les faits sont têtus, donc il nous faut souvent des morts d’homme sur la place publique, parlons de ce qu’on nous présente comme enquête et/ou procédure judiciaire.

Dans un pays où la justice opère au bon vouloir du prince, rien ne m’étonne. Par contre, comme comble de l’ironie, je vais vous dire que BO a échoué de bout en bout. Je m’explique :

1-BO se targue  d’avoir milité au prime abord pour les droits de l’homme en Guinée. Mais rien ne le gêne dans la partialité abjecte, ignoble et minable avec laquelle les choses se passent autour du dossier en cours. C’est vrai que sous nos tropiques, il ne faut se tromper car le changement de veste s’opère promptement sans la moindre hésitation. Tout de même, pour quelqu’un qui a lutté pour les droits de l’homme avec conviction, il me paraît dérangeant de se voir épaulé dans une zone de turbulence de non-droit dans le but de liquider l’adversaire. Et moi, j’en pense le contraire.

Pour preuve, dans son combat contre Dalein ou UFDG, je ne soutiens pas BO certes, mais je suis contre la méthode d’exclusion utilisée à son encontre. Pour votre rappel!

2-Après avoir participé la création de l’UFDG et à son évolution, le voilà prêt à sacrifier à l’autel de la haine et de la rancœur ce parti pour des intérêts personnels ou inavoués. Une suspension du parti ou son interdiction de par la bénédiction du pouvoir actuel devenu le nouvel allié, l’ami, le saint père, serait encore un autre échec.

3-Et pour terminer le cas des échecs de BO, je veux parler de ses contre-vérités sur la place publique. Il dit qu’il n’était accompagné au siège que de deux ou trois personnes. Que sais-je ?

Qu’il nous dise alors qui sont ces jeunes en T-shirts noirs.

jeunes en noir

A contrario, je préfère que BO gagne l’adhésion de la base à sa cause en toute honnêteté que de se faire épauler injustement, partialement, indignement par un pouvoir qui a tout d’une dictature.

Pardonnez-moi Monsieur Diallo, car j’oubliais le titre de la chanson :’’ mon ami, c’est le dictateur’’.

Vous parlez de l’observation dans votre texte

Je vous cite : «Quiconque observe un peu la dynamique politique SAIT PERTINEMMENT que manifester ne sert à rien, sauf à sonder l’adhésion du peuple à sa cause »

Là aussi, nous allons situer les responsabilités en toute objectivité. Le pionnier des  manifs à tout-va, c’est bien notre regretté BO, devenu le nouvel allié du pouvoir. Il  a toujours appelé à des manifs jusqu’à la veille de la farce électorale de 2015 et je ne pense pas que vous pourriez m’en dire le contraire. Cependant, je ne suis pas d’Accord avec vous quand vous dites que manifester ne sert à rien. Sinon, qu’en pensez-vous de la Tunisie contre Ben Ali, de l’Égypte contre Mubarack, du Sénégal contre Wade ou bien du Burkina contre Blaise. Revenons chez nous. Que pensez-vous des manifs de janvier et février 2007? La question ne doit pas être : manifester ou pas? Mais plutôt comment capitaliser les manifs qui le plus souvent ouvrent des brèches par lesquelles on peut entrer. Je suis favorable aux manifestations pourvu qu’une stratégie capitalisante soit d’abord mise en place et qu’un rempart existentiel soit préparé. C’est essentiel chez nous.

Pour terminer, je vais vous dire que BO a raté et il ne pourra plus rien faire sauf accepter sa défaite, car vouloir se faire appuyer par la bénédiction d’un système qu’on a combattu des années durant est bien signifiant et ce signifiant indiciel s’appelle : ECHEC.

Boubacar 1 Barry

Citoyen Guinéen Pour une Guinée Nation

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