La semaine dernière, le gouvernement guinéen a proposé un montant de 20 millions de nos francs aux occupants des alentours de la décharge de Dar-es-Salam 2, dans la commune de Ratoma, en haute Banlieue de Conakry, pour qu’ils quittent les lieux. Une proposition vite rejetée par les concernés, qui estimaient que ce « montant ne peut même pas trouver un terrain dans les périphéries de la capitale, à plus forte raison de construire un bâtiment ».

Rencontré ce week-end à son domicile, Mohamed Diallo, père de famille qui ne sait quoi faire en cette saison de grandes pluies, déclare que « jusqu’à présent, je n’ai pas reçu de proposition, mais si c’est vrai que les autorités ont fait cette proposition de vingt millions, je dirais que c’est une insulte à la conscience des habitants de Dar-es-salam. Cette somme ne vaut absolument rien pour quelqu’un qui a une famille et qui doit avoir au moins trois chambres pour sa famille ».

C’est pourquoi, il demande « au gouvernement de sortir demander le prix du loyer de 3 chambres et salon ; ça tourne autour d’un million cinq cent mille et deux millions. Maintenant, qu’est-ce que cette somme de vingt million peut faire pour nous ? », s’interroge-t-il.

Pour Alsény Camara, un autre riverain des ordures de Dar-es-Salam, l’État devait penser à déguerpir les déchets que de déguerpir les hommes. Parce que, selon lui, dans une dizaine d’années, les ordures vont envahir d’autres quartiers. Donc, « le gouvernement n’a qu’à utiliser ces 20 millions pour nettoyer et non pour déguerpir », conseille-t-il.

« Nous ne voulons pas de dédommagement, parce que nous ne voulons pas quitter. Le gouvernement, s’il a une bonne politique, devrait utiliser ces vingt millions pour déguerpir les ordures en laissant la place aux hommes. Si on déguerpit les hommes pour laisser la place aux ordures, dans 10 ans plusieurs quartier seront envahis par le dépotoir, et on finira par déguerpir tout le monde dans la capitale. La solution, c’est que nous sommes dans une capitale, c’est les ordures qui doivent quitter pour les hommes », soutient Camara.

Réagissant sous le couvert de l’anonymat, un autre citoyen demande au gouvernement de voir la réalité en face, en proposant quelque chose de raisonnable. Il affirme : « Nous sommes conscients que l’État ne va pas nous donner le prix de nos maisons, parce qu’on parle de dédommagement et non de remboursement. Mais cette proposition du gouvernement n’est pas acceptable, dans la mesure où la décharge nous a trouvés ici ».

Bhoye Barry pour guinee7.com

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