Depuis que le président Alpha Condé Condé a rencontré le chef de file de l’opposition, Cellou Dalein Diallo, l’atmosphère est à la détente en Guinée. On n’entend plus que ça dans tous les milieux. C’est à croire que cette « trêve » politique est synonyme de fin de l’opposition en Guinée. Tout le monde se félicite de la situation et les plus crédules n’hésitent même pas à franchir le pas pour parler de gouvernement d’union nationale. Mais où est-on ? Les Guinéens croient-ils que ces rencontres du président avec ses opposants signifient qu’il n’y a plus d’opposition ? C’est se leurrer et aller vite en besogne. Il  n’est même pas souhaitable pour la Guinée qu’il n’y ait plus d’opposition. Celle-ci est nécessaire dans toute vraie démocratie. Elle a un rôle important à jouer. Il ne faut pas tomber dans un unanimisme béat qui ne peut être qu’appauvrissement de notre jeune démocratie. Si un statut a été donné au chef de file de l’opposition, c’est que cela est nécessaire et que ce dernier a un rôle à tenir sur l’échiquier politique guinéen.

Le ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, le général Boureima Condé, s’y est lui aussi mis. Depuis quelques jours, il passe dans les médias pour inviter les représentants de l’Etat (gouverneurs et préfets) à suivre l’exemple du chef de l’Etat. Comme quoi, ceux-ci doivent à leurs différents niveaux s’ouvrir aux représentants de l’opposition à l’intérieur du pays et donc leur faciliter les choses. Cette invite (qui est surtout une injonction) n’est-elle pas un aveu de la part de ce ministre qui reconnait par là que si les opposants ont jusqu’ici été brimés par les préfets et gouverneurs, c’était parce qu’ils en avaient reçu l’ordre ?

En tout cas, les représentants de l’Etat risquent de se retrouver dans leurs petits souliers face aux opposants dans leurs circonscriptions. Mais cela est une autre histoire…

Aziz Sylla pour guinee7.com

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