Des leaders des partis de l’opposition et de la majorité s’engagent à dépolitiser la question d’Ebola

Les représentants des partis politiques s’engagent à dépolitiser la question de l’Ebola afin de venir à bout de la pire crise sanitaire que la Guinée n’ait jamais connu.  Ils l’ont déclaré  ce matin lors du Forum des Forces Vives de Guinée organisé par la Mission d’Urgence des Nations Unies pour la lutte contre Ebola (UNMEER).

Les partis politiques de la mouvance et de l’opposition se sont accordés sur la nécessité d’une union nationale face à la grave menace que pose le virus Ebola depuis plus d’un an.

Des chefs religieux, des guérisseurs traditionnels, doyens et sages des principales zones concernées par les réticences,  des groupes de femmes et de jeunes ainsi que des associations des guéris d’Ebola ont aussi pris part au forum.  Le secteur privé était également représenté par le patronat et la Chambre des Mines.

Malgré une baisse significative du nombre de nouvelles infections dans la sous-région depuis janvier, atteindre zéro cas reste un défi majeur pour la Guinée, le Liberia et la Sierra Leone où une moyenne de 100 personnes est contaminée chaque semaine.

« Nous savons à quel point, sur la base des expériences de lutte contre la polio par exemple, il est plus facile de passer de 100 à 10 cas que de 10 à 0 », a dit Ismail Ould Cheikh Ahmed, Représentant Spécial du Secrétaire Général de l’ONU et Chef d’UNMEER. « Le relâchement est donc notre pire ennemi. Si les communautés cessent d’être vigilantes et stoppent leur surveillance active, si les bailleurs de fonds se tournent vers d’autres priorités et si les efforts de la riposte sont abandonnés trop tôt, la sous-région risque de voir le virus rebondir ».

Les gouvernements des trois pays espèrent atteindre zéro cas d’Ebola d’ici la mi-avril mais la réticence communautaire freine le progrès, surtout en Sierra Leone et en Guinée.  Le Liberia lui est sans nouveau cas depuis près de 20 jours mais la présence de foyers actifs des deux autres pays voisins font craindre une résurgence de cas.

Une plus grande implication des leaders nationaux pourrait permettre d’atteindre l’objectif de zéro cas en raison de leurs influences auprès des communautés.

« Nul mieux que vous ne peut ressouder les communautés et les amener à relever un défi commun. J’appelle ainsi l’ensemble des Forces vives de la Guinée à œuvrer davantage pour atteindre l’objectif de zéro cas et montrer à l’Afrique de l’ouest, et au monde, sa capacité à répondre à une telle épreuve. Vous avez ainsi une responsabilité historique. L’histoire retiendra que l’esprit d’union qui souffle sur ce forum aujourd’hui a fait la différence dans cette bataille ».

« Une telle volonté d’ordre national pourra aisément préserver la Riposte à Ebola de tout caractère politique et convaincre les secteurs de la société guinéenne  de s’associer à la Riposte indépendamment des clivages », a souligné Abdou Dieng, Chef d’UNMEER en Guinée. Il a ajouté qu’’il semble que les Guinéens soient déjà convaincus de dire ‘non aux combats politiques autour d’Ebola, mais oui à la politique de combat contre Ebola’.’

Ould Cheikh Ahmed a aussi rappelé le rôle de la communauté internationale grâce auquel le scénario catastrophe a été évité. « La mobilisation mondiale pour la réponse d’urgence à court terme a été énorme », a-t-il dit. « Le même élan devra être maintenu pour répondre aux effets à long terme de l’épidémie d’Ebola.

Source : UNMEER

Obtenez des mises à jour en temps réel directement sur votre appareil, abonnez-vous maintenant.