Le Pr Djibril Tamsir Niane

Ce 25 Avril, notre reporter s’est entretenu avec le Pr Djibril Tamisir Niane au CCFG  où se tient les 72 heures du livre. Entretien à bâton rompu.

Vous participez aux 72 heures du livre et le stand de votre Maison d’édition la SAEC ne désemplit pas. Est-ce qu’on peut dire que vous revenez au-devant de la scène ?

Pr Djibril Tamsir Niane : Oui ma maison d’Edition SAEC après une éclipse due aux difficultés, revient au-devant de la scène pour de nouvelles publications. Des difficultés, il y en a eu. D’abord le goût de la lecture n’était pas de mise et en plus le gouvernement ne se tournait guère vers le livre. Continuant comme par le passé à n’aider et à encourager qu’un aspect de la culture à savoir le chant, la musique, les balais. La littérature est restée toujours le parent pauvre en Guinée. Le livre n’était pas banni, mais passait au second plan. Avec les 72 heures du livre qui est à sa 6ème  édition, un véritable battage se fait  en faveur du livre et la 3ème République est en train de faire droit à toutes les composantes de la culture. Le livre revient. J’espère que le soutien du gouvernement se renforcera, car le livre, c’est simplement indispensable du savoir. Et si nous voulons nous développer, il faut être dans le livre. Il faut développer l’édition chez nous.  Le gouvernement doit faire sa place à la littérature, à la recherche. Il se doit surtout de renforcer l’action des maisons d’édition nationales qui doivent créer le marché du livre en Guinée. La SAEC se réjouit des débuts promotionnels du livre.

Il y a quelques mois, votre maison d’édition avait pris feux et plusieurs documents sont partis en fumée. Comment avez-vous traversé cette épreuve, est-ce que vous avez eu l’aide du gouvernement qui avait promis de vous soutenir ?

L’incendie a été un véritable  sinistre. J’avais une documentation originale importante de l’Afrique, des livres, des revues et surtout beaucoup de CD et bandes magnétiques enregistrées sur la  tradition orale depuis les années 1960. Je me réjouis de la décision du président de la République de réhabiliter ma bibliothèque. Les travaux de construction ont commencé. Ainsi, nous allons reconstituer ma bibliothèque qui deviendra un centre documentaire. Le Pr Alpha Condé a ainsi, très efficacement apporté son soutien à la littérature et au développement culturel.

On s’aperçoit que les Technologies de l’information et de la Communication (TIC) occupent une place prépondérante dans notre société, n’est-ce pas une menace pour le livre?

Les TIC, ne constituent nullement un danger pour le livre. C’est un plus pour la connaissance et la lecture. Les bibliothèques sont aujourd’hui des médiathèques où le livre s’exprime à travers toutes les nouvelles Technologies. Aujourd’hui on ne manipule le fichier. Tout est informatisé. Et c’est tant mieux. Il nous tarde de nous approprier et les livres et les TIC.

Interview réalisée par El Hadj Mohamed Koula Diallo

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