L’Office central antidrogue a présenté à la presse vendredi à Conakry, Kadiatou Camara et Mohamed Traoré alias Moti, tous les deux accusés de trafiquer du cannabis.

À en croire, le lieutenant-colonel Mènè Condé, directeur par intérim de l’Office centrale antidrogue, ces prises ont été possibles grâce à « des filatures à deux niveaux. Il s’agit du quartier Kassogna carrefour et de Yimbaya Camp carrefour ».

Pour le premier cas, il a dit qu’il s’agit de : « Kadiatou Camara, mère d’un enfant, couturière. Sur elle, nous avons saisi 13 kilogrammes de cannabis. Cette saisie a eu lieu à son domicile. Nous l’avons prise la main dans la pâte [la main dans le sac]. Ce qui est extraordinaire en sa qualité de mère de famille. En sa qualité de dame. Elle se permet de vendre de la drogue pour subvenir à ses besoins, comme elle, elle le pense. Mais une mère de famille qui vend des produits prohibés pour subvenir à ses besoins, mais en détruisant l’enfant des gens. A ce propos, nous sommes tous inquiets. Puisque nous disons que ce sont les mamans qui passent la plus grande partie du temps avec les enfants, mais si cet enfant te voit sortir et entrer avec ce genre de produit et à la longue se rend compte que c’est des produits prohibés, qu’est-ce qu’il va faire? Par imitation il va tout de suite agir comme les autres… Alors quel avenir pour cet enfant. Ce n’est pas la quantité qui nous intéresse. Mais l’activité. La quantité que vous voyez sur la table est de cette dame. C’est une grossiste. Ce n’est pas du tout tolérable. »

Au micro des journalistes, Kadiatou a reconnu les faits, en soussou : « oui je reconnais. On m’a pris à la maison à 36. Je quittais le marché et j’ai trouvé ces agents garés devant la maison. Ils m’ont dit de rentrer dans la maison pour qu’ils fouillent. Nous sommes entrés. Mais il n’y avait rien dans les chambres. Nous sommes sortis. Il y a une maisonnette à côté. Ils sont partis là-bas et c’est là-bas ils ont trouvé. C’est ma deuxième fois. C’est un client qui me le donne. Ça fait un an que je fais ça. »

Avant de regretter : « J’ai vraiment honte aujourd’hui. »

Pour le deuxième cas, « Il s’agit de monsieur Mohamed Traoré, alias Moti, résidant au quartier Yimbaya Camp carrefour. Nous avons saisi effectivement, deux kilogrammes de cannabis, plus 41 boules accompagnés d’une somme de 38 millions de francs guinéens. Il a été pris en flagrant délit dans son salon. C’était, je m’excuse du terme, ce n’est pas comique, en VIP. Il était là en train de couper. Le montant que vous voyez, imaginez, c’est la vente de deux semaines. Ce monsieur il fait le pacha dans le quartier », a fait savoir le lieutenant-colonel.

Avant d’inviter les uns et les autres à s’impliquer dans la lutte : « Mais nos mamans sont dans le quartier. C’est elles qui peuvent dire, mon enfant est en train d’entreprendre quelque chose qui me fait douter. Venez, vous allez voir ce qui se passe. Mais très malheureusement nous avons reçu l’information d’autres sources. »

Mohamed Traoré a reconnu avoir été pris avec de la drogue. « Moi on m’a pris avec ça chez moi. J’étais à la maison quand les agents sont venus me prendre, ils m’ont trouvé avec l’argent et cette drogue. La drogue c’est quelqu’un qui m’a donné. Il y a une partie qui était destinée à être vendue. Mais l’autre c’est un ami qui me l’a donné », a-t-il expliqué.

Cependant, « l’argent, ce n’est pas la vente de la drogue qui me l’a donné. Mais c’est destiné à ma tante ».

Abdou Lory Sylla pour guinee7.com