Droit de réponse à la tribune « Quand le ministère de la jeunesse se moque de la jeunesse guinéenne »

Cher collègue, c’est avec un grand étonnement que j’ai terminé la lecture de votre article sur le Ministère de la jeunesse et de l’emploi des jeunes. Le plus souvent, je me refuse de participer à certains débats dans notre pays, à cause du fait que je les trouve creux. Cette fois-ci, je me le permets pour deux raisons, d’une part vous indexez le Ministre et tous les cadres du département de la jeunesse et d’autre part à la lecture de votre tribune, j’estime que vous faites honte à notre noble art qui est la gestion de la rareté.

Vous vous attaquez à des femmes et des hommes qui ne ménagent aucun effort pour l’émancipation de cette jeunesse qui a longtemps été abandonné par ceux qui étaient là avant 2010. Vous dites partout que ces gens-là sont les pères de la démocratie dans notre pays, mais reconnaissez que c’est maintenant que le débat est ouvert et sur tous les sujets.

Monsieur BAH, notre Sanakou, son excellence Monsieur le Ministre de la Jeunesse et de l’emploi des jeunes, celui que vous qualifiez de loup, est mieux que vous, car lui il n’écrit pas les manuels pour les jeunes d’autres pays, mais depuis tout jeune, il s’est mis au service de son pays. Il arrive à son bureau à 7 heures pour ne quitter que tard. Il n’hésite pas d’emprunter les routes de l’intérieur du pays pour aller servir cette jeunesse guinéenne.

De l’autre côté, je répète que vous faites honte à notre art, dans la mesure où un économiste, de surcroit un universitaire est caractérisé par la rigueur dans tous les actes qu’il pose. Vous parlez d’un projet que vous ne maitrisez point. Le niveau intellectuel que vous revendiquez, vous oblige de vous éloigner de ce type de comportement.

Le programme INTEGRA est effectivement financé par le fonds fiduciaire dont vous faites allusion, mais ce que vous ne savez pas mon cher, c’est que l’Union Européenne (UE) a engagé plusieurs agences (ENABEL, PNUD, GIZ, CCI, UNCDF) pour mettre en œuvre ledit programme. Le ministère de la jeunesse et de l’emploi des jeunes, en tant que structure de mise en œuvre de la politique du Gouvernement en matière de jeunesse et de promotion de l’emploi des jeunes, participe et facilite la mise en œuvre du programme.

Cher collègue, le titre et le métier que vous revendiquez, vous obligent de ne pas vous prononcer sur un sujet dont vous n’avez pas la parfaite maîtrise

A ce titre, vous parlez de dévoyer les fonds, je ne vois pas comment est-ce possible, dans la mesure où les fonds dont vous faites allusion se trouvent à la disposition des institutions citées plus haut.

Cher collègue, le titre et le métier que vous revendiquez, vous obligent de ne pas vous prononcer sur un sujet dont vous n’avez pas la parfaite maitrise. Vous parlez de PME, de risque d’effet d’éviction, sans savoir qu’on est à la phase d’identification des jeunes entrepreneurs qui doivent bénéficier du programme INTEGRA. Nous sommes donc très loin de l’étape de financement des différents projets et le mécanisme de financement que vous annoncez n’est pas du tout celui qui sera utilisé.

En plus, vous vous trompez sur toute la ligne en parlant du mécanisme de financement par la mise en place d’un fonds revolving. Mon cher ami, on est dans un pays en développement (donc un pays avec des ressources limitées), un fonds revolving permettra aux milliers de jeunes chômeurs de bénéficier d’un appui financier pour entreprendre, et dans la mesure où les premiers bénéficiaires remboursent, d’autres jeunes nécessiteux pourront également bénéficier du même fonds, ainsi de suite. On peut alors dire, sans se tromper que ce mécanisme reste un des meilleurs moyens pour notre pays de faciliter l’employabilité des jeunes par le biais de entrepreneuriat.

Je voudrais alors, vous dire d’arrêter de vous moquer de la Guinée à l’étranger, ce pays nous appartient tous, et donc il ne sert à rien d’utiliser sa plume pour dénigrer les filles et fils du pays, qui malgré tous les problèmes depuis l’indépendance, se mettent au service de la nation.

Cher collègue économiste, écrivain, si vous aimez tant ce pays, venez contribuer à votre manière à son épanouissement. S’il est vrai que vous êtes enseignant-chercheur, la jeunesse guinéenne, moi personnellement je continue à servir aussi bien dans les Universités qu’au Ministère de la jeunesse et de l’emploi des jeunes, a besoin de vous dans les différents temples du savoir.

Ainsi, ce sacrifice vous donnera le plein droit de vous mêler au débat sur l’avenir de notre chère patrie, parce que pour moi, ça ne sert à rien pour un intellectuel de dénoncer des pratiques, des prises de positions dans un pays, si on n’a pas servi correctement ce pays auparavant.

Fraternellement.

Dr Facinet CONTE

Economiste, enseignant-chercheur (Université Général Lansana Conté de Sonfonia-Conakry)

Directeur Général Adjoint du Fonds National pour l’Insertion des Jeunes

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