La première édition de l’initiative « La Finance S’Engage » impulsée par la société financière internationale (SFI) et ESParteners, s’est tenue dans un complexe hôtelier de Conakry, ce mercredi, en présence de Tibou Kamara, ministre d’Etat, ministre de l’Industrie et des PME et le ministre en charge de l’Economie et des finances, Mamadi Camara.

Cet atelier a regroupé les acteurs de la finance guinéenne, les représentants des PME et les partenaires techniques et financiers, autour de la problématique de l’accès aux financements des PME dans le pays. L’occasion a été saisie pour présenter l’étude de « données pour la croissance des entreprises».

Olivier Buyoya

Dans son discours de circonstance, Olivier Buyoya, représentant régional de la SFI, a dressé la liste des défis auxquels doivent s’attaquer les acteurs financiers. « En Guinée, 30% considèrent l’accès au crédit comme une contrainte majeure. 98% des petites entreprises n’ont pas accès à un compte; ni à un compte courant ni à un compte épargne et seulement 3,9% bénéficient d’un prêt bancaire. Seulement 2,5% des petites entreprises et 8% des moyennes entreprises ont accès aux marges de crédit. Dans l’ensemble, les investissements en Guinée sont principalement auto financés, soit 92% contre 2,8% venant des institutions bancaires. C’est ça le défi que nous devons relever ensemble », a-t-il révélé.

Après avoir relevé le succès de la plateforme dans d’autres pays tel que la Côte d’ivoire, Il a fait savoir qu’il est « critique aujourd’hui d’entamer et continuer un débat que nous avons ensemble pour pouvoir, réfléchir à comment élargir les instruments de financements mis à la disposition des PME, comment créer un environnement sécurisant pour les banques et pour les institutions de microfinances, tout en prenant en compte le besoin urgent pour le financement des PME. Le financement des PME sous des formes appropriées est important à tous les stades du cycle de vie des entreprises, aussi bien pour financer leur démarrage, aujourd’hui on perle de leur survie, et demain, on parlera aussi, je l’espère, de croissance des entreprises et de la multiplication de ces entreprises créatrices d’emplois ».

Tibou Kamara

En prenant la parole, Tibou Kamara, a remercié les initiateurs, avant d’indiquer que l’étude présentée, « confirme les résultats d’une enquête réalisée par le ministère de l’Industrie et des PME portant sur l’impact de la COVID-19 sur les entreprises industrielles et des PME. Cette initiative qui est en phase avec la politique du gouvernement en faveur des PME consiste à faciliter leurs accès aux financements afin qu’elles puissent participer de façon significative à la croissance de l’économie nationale ».

Enfin, au nom du président de la République et du premier ministre, le ministre Kamara a pris l’engagement de « mobiliser, soutenir et promouvoir, toutes les initiatives, les actions et les mesures en faveur de nos PME ».

Au nom des acteurs de la finance, Guy Laurent Fondjo, président de l’Association professionnelle des banques et établissements de crédits de Guinée (APB-G), a donné le bien-fondé des actions qui seront amorcées à travers cette initiative. « La difficulté d’accès aux financements est l’un des obstacles les plus importants au développement du secteur privé en Guinée (…) moins de 10% des entreprises locales utilisent les institutions financières pour financer leurs investissements. Tandis que moins de 4% de fonds de roulement des entreprises sont financés par les banques. Les PME, comme vous le savez, constituent aujourd’hui un maillon incontournable de l’activité économique en Guinée. En effet, plus de 80% du tissu des entreprises formellement constituées sont des PME, dont la contribution au PIB de la Guinée varie entre 18 et 20%. Donc vous comprenez pourquoi ce sont des partenaires de croissance. Et pourquoi nous devons tous agir, les différents acteurs que sont le système financier, le gouvernement et les partenaires au développement ? Nous devons tous agir afin de nous rassurer qu’ils comprennent le processus, le critère des financements et même la gestion des financements. Ce n’est que sur la base de cette confiance que l’on pourra s’installer dans la durée », a-t-il déclaré.

Il reconnait tout de même que malgré les efforts qui ont été faits par les différents acteurs, « il reste encore beaucoup à faire si on veut se situer au niveau du standard international, au minimum du standard de la sous-région ».

Abdou Lory Sylla pour guinee7.com