Sur les pages de Guinee7, nous l’avons dit d’un mot : Alpha Condé est pour bon nombre de Guinéens ‘‘intérêt national’’. Quoi qu’on dise, de bonne foi, il est difficile de prouver le contraire. Son attachement à l’intérêt national frise le nationalisme qu’il défend avec emphase quand l’occasion lui est donnée. Son volontarisme a cependant buté contre un gouvernement à la fois pléthorique, inefficace et incompétent, porté timidement par un parti pas très en forme.

Dans les rangs du gouvernement, l’écrasante majorité de ses membres cooptés à des fins électoralistes a produit peu d’effets positifs. Par médias interposés, certains d’entre eux se ‘‘tapent’’ dessus, off the record (hors du micro des journalistes) critiquent les actions du gouvernement dont ils sont eux-mêmes membres. Le diable, c’est l’autre ! Ces gens-là ont un grand défaut : loin des discours de façade, la solidarité gouvernementale n’est ni dans leur âme encore moins dans leur jargon. C’est dire que le choix des hommes pour traduire la politique du président en acte n’a pas été pertinent.

A bien des égards, il y a des nuages sur comment choisir des hommes par Alpha Condé. N’est-ce pas là son problème pendant les législatives ? Les candidats, dit-on, ont été choisis par la ‘‘base’’. Mais le parti ne s’est-il pas inspiré du mode opératoire du président pour choisir des candidats tocards ?

En tout cas, la population qui garde encore une certaine confiance au président en votant pour son parti à la proportionnelle a cependant rejeté bon nombres de ses candidats à l’uninominal. Cette population a brandi contre le président un carton jaune- différent du jaune du parti qui avait envahi Conakry pendant la campagne, tel un bon tour de France. Façon pour elle de lancer un avertissement envers celui qui, pour revenir dans leur cœur, a, à n’en pas douter, besoin de se donner une cure de jouvence en se tapant un gouvernement de compétents. Et non de coquins et de copains.

Ibrahima S. Traoré