L’organe exécutif des Nations unies a adopté, jeudi 10 avril, une résolution prévoyant l’envoi en Centrafrique de 10 000 soldats et 1 800 policiers pour y rétablir l’ordre et la sécurité. Pour rappel, la Centrafrique vit dans le chaos depuis le coup d’Etat de mars 2013 et connaît ces derniers mois une recrudescence des violences entre les milices chrétiennes anti-balaka et les ex-rebelles de la Séléka, majoritairement musulmans. Selon les estimations, plusieurs milliers de personnes ont été tuées et 2,2 millions de Centrafricains, soit environ la moitié de la population, ont besoin d’une aide humanitaire d’urgence. Et la situation va de mal en pis malgré la présence des forces française et africaine. En réalité, ces forces dès le départ se sont révélées impuissantes à ramener la paix dans ce pays qui tangue dangereusement vers une ‘‘épuration ethnico-religieuse’’ (Ban Ki-Moon).

C’est justement pour cette raison que le président guinéen, Alpha Condé, lors du 22ème  sommet de l’Union africaine ouvert le 30 janvier dernier, avait déclaré, lors de son discours d’ouverture du Conseil : ”Nous appuyons la demande de Catherine Samba-Panza d’un déploiement d’une force de maintien de la paix en Centrafrique”. Autrement dit, une force onusienne. Mais cette position du président tournant du Conseil de paix et de sécurité de l’UA pour le mois de janvier, a fait l’effet d’une bombe dans les pays d’Afrique Centrale dont la plupart des chefs d’Etat coincés dans leur nombrilisme s’y sont opposés. Au point d’imposer à la Guinée une ‘‘clarification’’ des propos de son chef d’Etat.

Ainsi Lounceny Fall, ministre des Affaires étrangères de la Guinée sans convaincre a été contraint de déclarer que son président s’exprimait ‘‘au nom de son pays et non de l’UA’’.

Mais avec le développement de la situation en Centrafrique où il ne se passe un jour sans que des actes criminels et odieux ne se passent sous le nez et la barbe des forces française et africaine, les grands du monde ont compris qu’il faut soutenir l’envoi des casques bleus pour résoudre le problème. Et c’est ce qu’ils ont fait ce jeudi. Pour une fois, on est tenté de dire, c’est Alpha Condé qui avait raison.

Ibrahima S. Traoré

 

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