‘‘Si les élections ne sont pas transparentes, il n’y aura, ni paix, ni stabilité en Guinée. Mon électorat ne l’acceptera pas, même si je le lui demandais. Ils me tueront et revendiqueront leur victoire’’, ces propos du principal opposant d’Alpha Condé ont été relayés par une grande agence de presse.

A bien les comprendre, ils infligent un camouflet à la jeune démocratie guinéenne. Reprenons ces propos qui sortent du jargon habituel d’un homme qui croit en la démocratie. ‘‘Si les élections ne sont pas transparentes (décryptez : si Cellou n’est pas président, NDLR), il n’y aura, ni paix, ni stabilité en Guinée (décrypter : les manifestations de rue et autres actes de vandalisme auront droit de cité, NDLR). Mon électorat ne l’acceptera pas, même si je le lui demandais. Ils me tueront et revendiqueront leur victoire (Décrypter : l’ordre constitutionnel sera remis en cause, NDLR)’’.

Les menaces, on le sait, constituent un fonds de commerce, un levier de notoriété pour nos leaders politiques, mais ces propos d’une imprudence infantile teintés d’apologie de violence ne menacent-ils pas notre démocratie encore balbutiante ?

Certains, à l’imagination fertile, mettent déjà ces propos dans le cadre d’une ‘‘liberté d’opinion’’. Mais si c’en est une, on pourrait alors dire sans risque de se tromper que Cellou Dalein est lui-même conscient de l’extrémisme de ses électeurs et qu’il se trouve incapable de les maîtriser. Qui peut dans un parti républicain penser tuer son leader pour avoir perdu une élection ?

Les propos (dignes d’un élu de la république ?) sont par ailleurs une version plus choquante de ‘‘après (ou sans) moi le déluge !’’.  En un mot ou en mille, Dalein avec cette sortie a sûrement commis une bêtise politique.

Ibrahima S. Traoré