Le collectif des avocats du principal parti de l’opposition, l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), était ce mercredi 21 février, devant les hommes de médias, dans la salle Mohamed-Koula-Diallo, à la Maison de la presse. L’objectif de cette rencontre était de faire le point sur les élections des conseillers communaux et communautaires du 4 février, tout en dénonçant les manquements remarqués lors dudit scrutin.

Me Salif Beavogui, un lot de cartes d’électeurs en main a expliqué : « Le 4 février 2018, aux environs de 15h, parce qu’il faut reconnaitre que tout c’était bien passé jusqu’après midi, alors la tête de liste de l’UFDG a appris qu’à Kissidougou, des chefs secteurs seraient en possession des cartes d’électeurs qui n’ont pas été remises aux titulaires et qu’à l’aide de ces cartes, des citoyens votaient à ciel ouvert et autant de fois qu’ils en ont la possibilité. Donc les militants de l’UFDG et certains délégués ont fait irruption dans plusieurs quartiers et effectivement, ils ont pris en flagrant délit des chefs de quartiers qui avaient ces centaines de cartes d’électeurs ainsi que des procurations, que nous avons présentés devant le tribunal comme preuve, un lot est resté au tribunal et j’ai deux lots avec moi ici, des personnes effectivement  qui existent à Kissidougou, mais qui pour une raison ou une autre n’ont pas pu retirer leurs cartes d’électeurs, qui sont restées avec ces chefs de quartiers, et ces chefs de secteurs et qui les distribuaient à leurs militants pour aller voter autant de fois, on appelle cela la fraude. Elle est inacceptable, elle décrédibilise la sincérité du scrutin, donc le juge de paix de Kissidougou n’avait d’autre solution que d’annuler le vote. Mais très malheureusement, il est passé à côté en ne disant pas le droit. »

Il a par ailleurs déclaré : « Au plan purement juridique nos requêtes ne pouvaient pas être rejetées parce que nous nous sommes prémunis de toutes les preuves, nous sommes allés avec les huissiers de justice qui ont constaté, hors l’acte d’un huissier de justice est un acte authentique, qui fait foi de preuve jusqu’à inscription de faux, pour l’attaquer et l’annuler, il faut une procédure spéciale. Le juge était ténu obligé d’en tirer toutes les conséquences. Lorsque vous présentez des procurations signées et cachetées par des chefs de secteurs  et de quartiers, très sincèrement, conformément à l’article 90 du code électoral qui réglemente le vote par procuration, le juge n’avait d’autres solutions que d’interpréter et d’appliquer la loi par l’annulation, mais il a eu la peur au ventre, presque la plupart des juges ont eu peur de prendre leurs responsabilités, étant entendu qu’il y a un décret qui flotte, cela a été dit ; donc ils ont préféré garder leurs sécurités qu’au droit, c’est ce qui nous révolte. Nous avons toutes les décisions entre  nos mains, et puis nous prendrons quand même d’autres dispositions, même au besoin, saisir les différentes cours, la cour suprême, constitutionnelle, nous n’allons pas nous gêner de le faire, nous irons au-delà pour que la sincérité et la crédibilité du vote soient et que les élections puissent être reprises dans les règles de l’art. »

Me Paul Yomba Kourouma à son tour a rappelé que « l’instauration d’un Etat de droit crédible, digne de ce nom ; la crédibilité d’un gouvernement, d’un pays, d’un Etat de ses institutions doit effectivement être la justice. Nous avons dénoncé les attitudes de nos magistrats, parce que nous nous sommes rendus compte à travers ce scrutin, que l’exécutif et le judiciaire, ont fait coalition contre le droit. La preuve est que, les magistrats dissimulent les procès-verbaux, intervertissent les votent, écartent, annulent sans raisons, sans titre ni droit, sans motif juridiquement vérifiable des procès-verbaux, refusent même de les comptabiliser, incapables de motiver les décisions de façon à les assoir et à nous apaiser. Nous avons donc constaté assez de tares, d’insuffisances (…) Nous avons aussi constaté que la CENI faisait des injonctions à des juges, afin de rabattre des délibérés à dates fixes pour les rendre immédiatement, ce à quoi, les magistrats se sont pliés. Donc nous avons relevés assez de tares. Nous saisirons, je crois que les politiques sont en train de le faire déjà au niveau de l’UFDG, afin que des commissions soient mises sur pied pour que ces bulletins soient recomptés, les procès-verbaux soient revus et que ceux qui ont disparu ou injustement écartés et non annexés soient remis. L’UFDG n’est pas prête du tout à accepter ces résultats, nous mêmes  avocats, nous les dénonçons, nous les condamnons, nous les stigmatisons, nous les rejetons, parce  que  rendus en violation de la loi, des principes de droit, de la procédure et de tout ce qui fait des biens de la justice. »

Abdou Lory Sylla pour Guinee7.com

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