Poursuivi pour « Injures et diffamations par le biais d’un système informatique » suite à la plainte de Salif Camara « Super V », l’ancien chanteur et activiste politique guinéen, Élie Kamano a été placé sous mandat de dépôt par le TPI de Kaloum et conduit à la Maison centrale de Conakry, ce mercredi.

De prime abord, Me Salifou Beavogui a rappelé les circonstances de cette affaire : « Nous sommes venus à l’audience avec toutes les assurances, toutes les garanties. Elie a fait une vidéo; il a reconnu le contenu de la vidéo. Les parties étaient de trouver une solution. Le parquet a décidé d’ouvrir un procès. Elie n’a jamais été informé de la date du procès. C’est à travers les médias que nous avons appris qu’un mandat a été décerné contre lui. Ce mandat n’a jamais été exécuté. Le dossier a été renvoyé à ce jour.»

« Ce jour en homme libre et en toute confiance, il s’est présenté à l’audience avec son avocat. Nous sommes en matière de flagrant délit. À l’ouverture du procès, nous avons sollicité juste le renvoi de l’affaire pour trois jours pour préparer sa défense. Mais c’était oublier que le terrain était déjà préparé pour le conduire en prison. Nous avons été surpris de constater qu’au lieu de se prononcer sur notre demande de renvoi, le tribunal a décerné un mandat de dépôt contre lui. Donc véritablement dans cette affaire, il y a deux poids deux mesures qui milite en faveur de la partie civile qui pèse lourd. A l’inverse, monsieur Eli Kamano aussi a été victime de prises d’images injustes. Atteinte à l’image ; une plainte a été déposée à la DPJ, monsieur Elie a été entendu et impossible d’entendre le présumé auteur de l’infraction, monsieur Salif Camara Super V. Aujourd’hui, nous sommes passés à la DPJ pour prendre la convocation et faire signifier par voie d’huissier. A notre grande surprise, la DPJ nous demande de se référer au procureur. Donc dans un cas, comme dans l’autre, Elie est aujourd’hui victime d’un acharnement, d’un arbitraire inqualifiable et il vient d’être conduit à la prison civile de Conakry et l’affaire a été renvoyée à huitaine” a-t-il poursuivi.

Avant de regretter que « dans ce monde judiciaire nous vivons tout. Quand vous êtes faibles, vous ne pouvez pas échapper à la prison. Quand vous n’avez pas de moyens, vous ne pouvez pas échapper à la prison. Quand vous n’avez pas de bras longs, vous ne pouvez pas échapper à la prison… Il a été malmené. Le temps pour lui de s’adresser au juge, il a été trimballé dans la salle. Il a été pris à partie manu militari comme un vulgaire type et conduit à la prison civile. Les images sont insoutenables. Les faits sont insoutenables. Mais l’histoire le retiendra pour un jour ».

Abdou Lory Sylla pour guinee7.com