L’artiste et activiste Élie Kamano était, jeudi 8 novembre, en audition à la direction générale de la police judiciaire de Conakry, suite à une convocation pour outrage au chef de l’État, sur un morceau qui circule actuellement sur les réseaux sociaux.

Selon l’avocat de l’artiste Me Salif Béavogui, il y a eu une erreur sur la personne, et les faits ne concerne en aucun cas son client qui a été entendu dans ce cadre :  « Hier, Monsieur Élie Kamano a reçu une lettre de convocation de la part de la direction nationale de la police judiciaire, à l’effet de se présenter ce jeudi, à 10h pour être entendu sur des faits d’outrage au chef de l’État. L’enquête est secrète, mais je vais vous dire que qu’il y a eu erreur sur la personne. Le fait poursuivi ne concerne pas Monsieur Élie Kamano. L’infraction commise, s’il y a infraction, ou les enquêtes ouvertes, les faits sur lesquels ont est en train de rechercher les infractions ne nous concernent pas. Donc, suite à cette erreur, il a donné la version des faits qu’il connait, et nous nous sommes excusés les uns et les autres ; donc il n’y a plus rien ».

Pour Élie Kamano, la liberté d’expression est plus que menacée en Guinée, mais surtout pour les artistes qui évoluent aujourd’hui, et qui son obligés de choisir leurs mots dans les chansons : « J’ai peur pour notre pays, parce que la liberté d’expression est menacée. Lorsqu’on est interpellé parce qu’il y a un morceau qui circule sur les réseaux sociaux, et on confond mon thème vocal à celui de la personne qui a chanté le morceau, ça veut dire que le pays est menacé. Je suis outré de savoir que des artistes aujourd’hui, doivent choisir les mots qu’ils doivent prononcer, quand il s’agit de proposer une chanson. Je pense que depuis la sortie du morceau mythique des Espoirs de Coronthie, « Daddy », cela a effrayé les autorités, et je pense qu’ils ont un œil sur les artistes engagés qui bougent ».

L’identité de la personne concernée dans cette affaire reste inconnue pour le moment, dans le cadre de l’enquête, et l’artiste Élie Kamano assure que cela ne les empêchera pas, eux les artistes engagés, de faire ce qu’ils ont à faire pour le peuple.

Fatoumata Kaba pour Guinee7.com