Après quatre jours d’intenses travaux au compte du forum de l’Initiative de l’Afrique sur les énergies renouvelables (sigle anglais AREI), qui s’est tenu à Conakry, du 10 au 14 juin, le point focal de l’initiative en Afrique de l’ouest, Chantal Colle, et la directrice de l’Unité de mise en œuvre (IDU) de l’AREI, Safiatou Nouhou Alzouma, ont fait un compte rendu à la presse, ce samedi 15 juin, dans un complexe hôtelier de Conakry.

Au cours de cette rencontre qui a duré plusieurs minutes, les deux responsables ont fait la synthèse du forum, présenté l’Initiative et répondu aux questions des hommes de médias sur l’avenir des énergies renouvelables en Afrique.

De prime abord, elles ont donné la subdivision de ces 4 jours comme suit : Lepremier jour a été consacré à l’adoption des projets par le conseil d’administration,composé des présidents et délégations des régions ; la deuxième journée consacréeau secteur privé ; et les deux derniers jours à la formation initiée par l’IDU.

Chantal Colle : « L’objectif de ce forum sur les énergies renouvelables pour l’Afrique, c’est de montrer qu’il y a une vraie dynamique qui s’est inscrite et qu’il faut maintenant la présenter de façon concrète au-delà de l’Initiative. Mais également pour le secteur privé, pour les populations. Parce c’est important en quoi, les énergies renouvelables ? C’est important et c’est l’avenir ».

Plus loin, le point focal a jaugé l’utilité de l’énergie renouvelable par rapport à celle fossile : « Les énergies renouvelables en particulier sont des vecteurs d’énergie verte, d’énergie propre, qui protègent la planète et qui ont fait la preuve de façon concrète qu’elles sont beaucoup plus simples en termes d’accessibilité et en termes de levée de fonds. Pourquoi ? Parce que quand vous voulez aller sur un investissement d’énergie fossile, vous pouvez installer demain des groupesélectrogènes comme Tombo, mais si vous n’avez pas de carburant, vous faites quoi ? Cela ne marche pas. Pour vendre cette énergie avec du carburant, vous devez mettre un coût et le coût est peut-être, 5, 6, 8, 10 fois supérieur à ce que vous coûtera l’énergie produite grâce à un investissement dans les énergies vertes. L’investissement dans les énergies vertes peut être beaucoup plus important au départ, mais la réalité c’est qu’à très court terme, il est beaucoup plus intéressantpour les populations. Parce que le prix du kilowatt va baisser de façon très importante. C’est la consommation avec les groupes qui fait que l’énergie coûte très cher. Le jour où on aura de moins en moins de groupes sur le continent, on aura bien sûr une énergie de moins en moins chère ».

En revenant au cas spécifique du forum, Chantal Colle a précisé que « le conseil d’administration extraordinaire avait un seul objectif cette fois-ci, c’était l’adoption de projets. Pour atteindre les objectifs 2030, il faudrait déjà atteindre les objectifs 2020. L’objectif 2020, c’est 10 gigawatts et une enveloppe financière qui a été mise en place de 10 milliards de dollars, lors de la COP 21. Il vous souviendra qu’à Conakry en 2017, il y a eu un certain nombre de projets qui ont été adoptés, 19, puis 5 à New York, ce qui nous a fait 24. Et depuis 2017, il ne s’était rien passé. En revanche, bilatéralement, les pays ont continué à jouer leur rôle et à défendre les énergies renouvelables dans leurs pays respectifs. D’où notre rôle du comité technique, de montrer cela à tous et de montrer le travail qui est fait. Le fait que nous sommes en train d’arriver à ces perspectives de 10 gigawatts pour 2020, pour pouvoir commencer à travailler su les levées de fonds de 2030, pour les 300 gigawatts ».

Sur les résultats obtenus, elle a informé que : « Lors du conseil d’administration, 104 projets ont été adoptés, 3 milliards d’euros et 2,7 gigawatts ont été adoptés à Conakry, le 11 juin, répartis comme suit : Afrique Australe – 212,58 millions d’euros pour une puissance de 46 MW ; Afrique Centrale – 241,4 millions d’euros pour une puissance de 448 MW ;Afrique de l’Est – 290,1 millions d’euros pour une puissance de 873,4 MW ; Afrique du Nord – 576,3 millions d’euros pour une puissance de 627 MW ; Afrique de l’Ouest – 768,33 millions d’euros pour une puissance de 240 MW ; Projets régionaux – 277,51 millions d’euros pour une puissance de 198 MW ;  Les Fonds – 634,6 millions d’euros pour une puissance de 250 MW.

Enfin, Chantal, Colle a rassuré : « Je peux dire que le rendez-vous est pris pour l’année prochaine. Au mois de mai ».

A son tour Safiatou Nouhou Alzouma a parlé, quant à elle, de l’objectif général de l’initiative : « L’AREI, c’est une volonté politique. C’est une initiative qui a été portée par nos chefs d’Etats. Donc, c’est au plus haut niveau d’engagement politique au niveau du continent. L’objectif de l’AREI, c’est d’aider l’Afrique à exploiter son énorme potentiel en énergies renouvelables, en vue d’améliorer les conditions de vie de tous les Africains et amorcer notre transition vers un développement sobre en carbone. Nous savons que le continent a assez de potentiels en énergies renouvelables : solaire, éolienne, hydraulique, biomasse. Ce potentiel, malheureusement, n’est pas suffisamment exploité pour plusieurs raisons. Donc l’objectif de l’AREI, c’est d’essayer d’équiper nos pays, nos régions, à mettre en place les écosystèmes favorables pour attirer les investissements et aussi faciliter le financement direct des projets qui sont éligibles à l’AREI ».

Abordant le rôle de financement du secteur privé, elle a estimé que celui-ci « doit venir du secteur privé, parce que nous savons pertinemment que nos Etats ont des difficultés. Donc, le rôle des fonds publics, c’est justement créer les conditions pour que le secteur privé puisse venir, en toute confiance, investir dans le pays. A titre d’exemple, en 2017, il y a eu 280 milliards de dollars investis dans le secteur des énergies renouvelables et 85% de ce montant venait du secteur privé ».

Cependant, elle a fait savoir que : « Les objectifs de l’AREI, c’est 300 Gigawatts à l’horizon 2030, avec un objectif de 10 Gigawatts à l’horizon 2020 ».

Abdou Lory Sylla pour Guinee7.com

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