En début de semaine, Cellou Dalein disait ceci à ses militants : « Il faut économiser vos énergies parce que cette manifestation du jeudi sera celle de tout le peuple de Guinée. Jeudi est une bataille extrêmement importante.  Jeudi, il faut que,  soit Alpha Condé fléchisse, soit il part.»

Et vint jeudi. De Paris, Alpha Condé montre sa détermination à faire respecter la constitution et l’indépendance de la Céni : « Le chronogramme annoncé par la Céni sera respecté », a-t-il annoncé comme pour montrer sa fermeté.

A Conakry, les manifestations annoncées avec fanfare buttent contre les forces de l’ordre qui estiment que « les marcheurs n’ont pas plus de droit que ceux qui ne veulent pas marcher ». Des rues de l’axe obstruées par ceux qui se réclament de l’opposition ont été dégagées par les forces de l’ordre qui, des jets de pierres de ceux-là, ont réagi en lançant des gaz lacrymogènes.

Le chef de file de l’opposition qui a tenu des propos cités hauts, a été cantonné à domicile. Après une journée de manifestation moins mouvementée que les précédentes, l’opposition dresse son bilan : « un manifestant tué à Labé, cinq blessés par balles à Conakry, des médecins (de l’UFDG, NDLR) mis aux arrêts, une responsable arrêtée à Kindia. »

En plus, l’opposition décide (enfin ?) de penser à des méthodes républicaines : porter plainte au niveau national et de la CEDEAO.

Cependant ce Jeudi, Alpha n’a pas fléchi, il n’est non plus pas parti.

Aziz Sylla