Dans un entretien accordé à notre reporter, l’honorable Eva Cross de la Commission industrie commerce, mines de l’Assemblée nationale s’est prêtée aux questions de notre reporter. Un entretien portant  sur le fonctionnement de la Commission industrie et commerce, la lutte contre Ebola, mais aussi d’autres questions portant sur  l’actualité sociopolitique….

Honorable, faites nous le point de façon succincte des différents projets  dont la Commission industrie-commerce et mines a pu débattre jusque-là au niveau de l’Assemblée nationale?

Mme Eva Cross : La Commission de l’Industrie; de Commerce ; des Mines ; de l’Artisanat, et du Tourisme dont je fais partie à travailler au cours de plusieurs séances sur différents projets d’accords et de conventions, qui ont été soumis au Parlement. Notamment sur l’accord cadre de coopération industriel et commercial entre la République de Guinée et le Royaume Chérifien du Maroc; la convention de base amendée entre la République de Guinée et les sociétés SIMFER et Rio Tinto pour l’exploitation des gisements de Simandou; la convention B.O.T portant sur les infrastructures ferroviaires et portuaires nécessaires au projet Simandou entre la République de Guinée et les sociétés SIMFER et Rio Tinto. Ainsi que la loi portant autorisation de ratification de l’avenant n° 20 à la convention de base du projet Guinée Alumina Corporation GAC; la loi d’autorisation de ratification relative à l’avenant n°1 à la convention de base pour l’exploitation des gisements de bauxite de Koumbia, signée entre la République de Guinée et Alliance Mining Commodities  (AMC)…

Certains députés de la mouvance présidentielle étaient ces derniers temps en tournée à l’intérieur du pays. Etiez-vous de la  mission. Si oui, que peut-on retenir de ce déplacement?

Oui bien sûr je faisais partie de cette délégation des députés de la mouvance. Nous avions décidé, nous députés de Dabola et de la Région de Kankan, d’être ensemble pour mieux éclairer nos mandants sur les conclusions des sessions qui ont abouti à l’adoption de lois et à la ratification de conventions. Il convient de préciser que dans chacune des circonscriptions, notre arrivée a été marquée par une réception grandiose, regroupant responsables, militants, sympathisants, ainsi que des sages et notables. L’objectif était de promouvoir la démocratie pour une participation citoyenne. A travers ces différentes rencontres la délégation s’est penchée à faire le compte-rendu des
travaux du parlement afin de susciter l’adhésion de la population au programme du Professeur Alpha Condé. Ce déplacement nous a également permis à la délégation à inviter la population au dialogue national. Nous n’avons pas aussi manqué d’évoquer les problèmes qui se posent dans les différentes circonscriptions et pour lesquels les pouvoirs publics ont été sensibilisés.

Aujourd’hui, de plus en plus de voix s’élèvent appelant à la dissolution de la commission électorale nationale indépendante (CENI). Quel est votre avis la dessus?

Comme vous savez le rôle de mon institution qu’est l’Assemblée nationale, c’est de contrôler l’action du gouvernement, voter des lois, aider à mettre en place des institutions. Comme vous le savez, étant une élue du peuple, mon rôle principal c’est de faire en sorte que les institutions nationales jouent pleinement leurs rôles dans la promotion de la démocratie. Ainsi en répondant à ta question, je dirai que le code électoral est une loi organique, qui stipule que tous les membres de cette institution sont élus pour 7 ans, avec un mandat non renouvelable. Ça veut dire que toute modification profonde qui touchera à cette instance peut conduire à des blocages que je ne souhaite pas pour notre pays qui est en train de construire la démocratie. A mon avis, et cela n’engage que ma personne, si des
défaillances avérées sont constatées, il serait mieux de faire appel à une expertise pour le diagnostic et des propositions de solutions susceptibles d’apporter  des corrections. C’est pourquoi, je profite
de votre organe pour inviter chacun à faire preuve de compréhension afin que cette institution électorale fonctionne pour le bien de toute la nation guinéenne.

Honorable, le voyage du Chef de l’Etat guinéen en Tunisie a donné libre cours aux rumeurs. Quel effet cela vous a fait ?

Il faut dire que cette information est venue à un moment où le peuple de Guinée est meurtri par l’épidémie Ebola. Ceux qui l’ont fait, je pense qu’ils se sont trompés de cible. Comme vous savez, ce grand homme que le peuple de Guinée a choisi à la faveur des premières élections libres et transparentes,  c’est pourquoi, dès son arrivée pour couper court aux rumeurs, le Professeur Alpha Condé  leur a montré qu’il est vivant. Et qu’il va continuer les chantiers qu’il a engagés depuis son accession à la magistrature suprême. Ce qui ne saurait être accueilli de la même façon par tous. Ce virage ferme n’est pas accepté par ceux qui perdent leurs privilèges. Ils ont entrepris de nombreuses tentatives de désinformation pour plonger notre peuple dans la tourmente et la désolation. Manquant d’arguments auprès du peuple, cette fois-ci ils ont intoxiqué le peuple en annonçant ces rumeurs folles. Je condamne cela avec la dernière énergie. Leur intention était d’amener le peuple de Guinée à semer des troubles qui pourraient compromettre les acquis démocratiques de notre pays et toute chose qui allait nous amener dans une situation obscure ou de chaos. Mais ils ont oublié que le peuple de Guinée est mûr, il ne se laissera jamais tromper par qui que ce soi. La vie du Professeur
Alpha Condé appartient à Dieu. En bon croyant, le président a accordé son pardon à ceux qui lui en veulent du mal.

Beaucoup d’observateurs de la scène politique guinéenne ont trouvé les propos de l’Honorable Cellou Dalein Diallo, leader de l’UFDG en tournée en Amérique du Nord, comme étant des propos va-t-en guerre. Qu’en pensez-vous ?

Je n’ai pas beaucoup de commentaires à propos de ce sujet. Sinon que de demander à tous les guinéens de vivre dans la concorde et l’unité. Que chaque citoyen et surtout un leader politique évite de faire des déclarations qui amèneront à la déchirure de notre tissu social. Vous m’excuserez quand je vous parle de ma famille. Je suis de la région de Kankan et de Mandiana précisément. Mon époux est de Labé et ma belle-mère de la Guinée Forestière. Vous comprenez bien que toute initiative qui divise un même peuple n’est pas la bienvenue chez moi. Nous devons au-delà de nos appartenances politiques, de nos différences, cultiver le pardon et l’amour de la patrie.

Parlons maintenant de la santé publique. L’épidémie d’Ebola qui sévit dans la sous-région, notamment en Guinée a pris une proportion inquiétante. En tant qu’élue du peuple, qu’est-ce que vous avez fait ou que compte-vous faire, dans le cadre de la lutte de cette  maladie?

Pour vaincre Ebola, j’ai décidé de participer pleinement à la lutte contre cette calamité. Pour moi, il fallait être sur place car, je considère que l’information et la sensibilisation sont les moyens de lutte contre ce virus. En tant qu’élue du peuple, pour réduire la vulnérabilité particulière des femmes et hommes du milieu rural. J’ai lancé une vaste campagne de sensibilisation dans les centres urbains et des villages situés sur l’axe Kouroussa-Kankan-Mandiana. Les habitants de cet axe ont été éduqués sur des mesures de prévention contre l’épidémie hémorragique à virus Ebola. Ils ont aussi bénéficié de solutions de chlore, d’eau de javel et des morceaux de savon. Nous avons également pu mettre en place une équipe de veille dans la circonscription de Mandiana par exemple dans les zones d’exploitation artisanale d’or; au niveau des postes frontaliers de Niantanna entre la République de la Guinée et celle du Mali. Mais aussi au niveau du poste frontalier de Saladou entre la Guinée et la Côte d’Ivoire. Je m’en vais vous dire que pendant toutes les sorties de sensibilisation contre le virus Ebola, que mon équipe et moi-même, accompagnée du directeur préfectoral de la santé de Mandiana, nous n’avons eu aucune résistance de la part de la population. C’est pourquoi, je profite de cette occasion. Afin de féliciter la population mais aussi ceux qui ont participé à cette sensibilisation dans les zones reculées de la préfecture de Mandiana et les invitant toujours à ne pas baisser la garde car l’épidémie sévit encore dans le pays.

In Le Démocrate

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