Suite à l’appel du FNDC, les Guinéens avaient peur du lundi dernier. Vu ce qui se disait sur les réseaux sociaux notamment, on a pensé qu’il allait y avoir l’apocalypse.  Le jour J, en lieu et place des manifestations massives souhaitées par l’opposition sous le label du FNDC, la majeure partie des Guinéens est restée à la maison. Pendant que le camp présidentiel criait victoire parce que ‘‘le FNDC n’a réussi son insurrection’’, un communiqué de la présidence surgit comme un cheveu dans la soupe.

Dans ce communiqué, il est dit : ‘‘Monsieur le Président de la République, a déploré la rupture du dialogue entre les acteurs avec comme conséquence un déficit de confiance entre lesdits acteurs. Aussi, a-t-il encouragé la reprise des sessions du comité de suivi, conformément à la demande de l’opposition et confirmée par la lettre-réponse du ministre de l’Administration du territoire, afin de plancher sur le processus de parachèvement des élections locales et communautaires. Le comité de suivi devra examiner aussi le calendrier électoral, en particulier, des élections législatives, pour créer les conditions d’élections inclusives, ouvertes à tous et avec la participation de tous.’’

Pour la majorité présidentielle, ce communiqué sonnait comme un aveu de défaite, pendant que selon elle, c’est l’opposition sous le label du FNDC qui a perdu la partie. Des gros pontes du parti présidentiel se fâchent. Avec eux, de nombreux ministres qui estiment que c’est à la CENI de fixer la date des législatives et non un quelconque comité.

Certains ministres boudent le conseil interministériel en signe de désapprobation du communiqué et signifient au président leur mécontentement. Amadou Damaro, chef du groupe parlementaire de la majorité a failli en venir aux mains avec Tibou Kamara, ministre d’Etat qui serait l’auteur du communiqué. Tibou est taxé par le camp présidentiel de Juda qui œuvre pour l’affaiblissement du régime qu’il amène à chaque fois de courber l’échine devant ses adversaires qui ne sont pas toujours dans des positions légales et légitimes.

‘‘Ce communiqué n’engage pas le RPG-AEC, il ne nous intéresse pas. On n’a pas besoin d’un quelconque accord à ce stade. La mouvance présidentielle s’inscrit dans la préparation des élections législatives. Donc toute autre démarche qui se substitue à celle menée dans le cadre des consultations nationales, ne nous engage pas’’ a fait savoir chez nos confrères de Mosaiqueguinee, Souleymane Keita, conseiller chargé de mission à la présidence, membre actif de la jeunesse du RPG-AEC.

En réalité, Souleymane porte ainsi la voix des dinosaures du parti. Un adage ne dit-il pas que ‘‘tout ce que dit le petit Maure, il l’a appris sous la tente’’ ?

En tout cas, mardi dernier a été le jour où le camp présidentiel a failli exploser. Alpha Condé, partagé entre le devoir d’homme d’Etat, du fondateur du parti au pouvoir et le sentiment affectif qu’il nourrit à l’endroit d’un de ses plus proches collaborateurs, préfère laisser passer les choses pour le moment. Surtout que la météo politique ne lui est pas défavorable pour le moment: les appels du FNDC trouvent peu d’adhésion populaire.

Ibrahima S. Traoré pour guinee7.com

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