Un projet estimé à 529 millions de francs guinéens avait été validé et financé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour la formation des tradi-praticiens sur les dangers liés à ébola. Ces guérisseurs, menés par le Dr Daman Traoré, disent n’avoir pas reçu la formation promise. Ils ont porté plainte contre des cadres de la coordination nationale de lutte contre Ebola et du ministère de la Santé.

Lundi dernier, le procureur du Tribunal de première instance (TPI) de Mafanco a requis, pour acquisitions d’avantages illégitimes, dix-huit mois de prison ferme contre Abdoul Sayon Fofana, membre de la Coordination nationale, et cinq ans de prison ferme contre M. Paquillé Gamy du ministère de la Santé qui n’a pas comparu. Un mandat d’arrêt a été lancé contre lui. Le procès est mis en délibéré le 4 juillet prochain.

En attendant, nous avons voulu comprendre pourquoi l’OMS qui a financé la formation n’était pas présente à la barre ? Selon l’avocat de la Fédération des Guérisseurs, Me Maurice Sâ Tolno, « le procureur a effectivement envoyé une convocation à la représentation de l’OMS pour témoigner. Mais ils ont argué que selon les accords qui lient l’OMS à la Guinée, ils bénéficient d’une immunité. Ils ne peuvent ni comparaitre, ni poursuivis. Et pourtant le procureur n’a pas envoyé la convocation pour les poursuivre. C’était juste pour témoigner».

Selon une source de l’OMS qui assure que son institution ‘‘n’est pas impliquée dans les audiences du tribunal’’, « il est vrai que ce sont des fonds de l’OMS qui ont servi à financer cet atelier sur requête de la Coordination Nationale de Lutte contre Ebola, pour un montant de 75 266 dollars, selon un protocole d’accord bien établi ».

Cependant notre source ajoute que “le paiement a été effectué par les services du bureau OMS/pays, sur le mode d’Implémentation Directe (Direct Implementation) avec paiement direct des per diem aux 360 participants et 4 facilitateurs, à l’aide d’une liste de présence, et sur le lieu-même de la formation. Le paiement a duré deux jours. Bien entendu, les pièces justificatives sont disponibles au niveau du bureau pays ».
Pour tout dire, notre source dit catégorique : «Aucun fonds n’a été transféré directement à la Coordination Nationale de Lutte Contre Ebola dans le cadre de cette activité. »

Ibrahima S. Traoré pour guinee7.com