L’annonce officielle du refus de l’Arabie saoudite d’octroyer le visa aux pèlerins guinéens pour le hajj 2014 à cause de la fièvre hémorragique Ebola fait un coup de froid dans la communauté musulmane de Guinée. La cité de Karamoko Alpha mo Labé connue pour sa piété n’est pas en reste.

A Labé, auprès des imams et les foyers islamiques, la déception est perceptible sur les visages. Le grand imam de Labé, El hadj Thierno Badrou Bah, remonte le moral des coreligionnaires : « c’est vrai depuis  que la Guinée a commencé a envoyé des pèlerins à La Mecque pour accomplir le 5ème pilier de l’islam, c’est en 2014 qu’on nous refuse le visa, à cause de l’épidémie qui sévit en Guinée. Donc, ce qui est recommandé pour le musulman, quand il traverse une difficulté, c’est de se confier encore plus à Dieu et faire des bénédictions et prières pour éloigner ce virus de notre pays, comme nous l’avons toujours fait. Nous allons nous baser sur les consignes données par les médecins, en respectant les conditions d’hygiène. Beaucoup de difficultés s’étaient déclarées par le passé, mais finalement elles ont disparu, comme si elles ne s’étaient jamais pointées ; alors cette épidémie va passer elle aussi. Il suffit de nous donner la main et lutter contre Ebola. Autre chose, nous ne devons pas minimiser la maladie ou douter de son existence, si nous on prend à la légère cette épidémie, La Mecque elle, qui a interdit le pèlerinage, la prend au sérieux, parce qu’elle a refusé le visa à tous les pays touchés. Donc, prenons au sérieux la situation. »

Un guide-pèlerins qui évolue dans le secteur depuis 20 ans et qui garde l’anonymat ne cache pas son état d’âme. Selon lui, « c’est un coup dur pour les musulmans ; surtout ceux qui avaient émis la volonté d’aller implorer la grâce de Dieu à la Kaaba. Cette situation touche beaucoup de personnes et d’entreprises qui encadrent le pèlerinage,  comme les agences de voyages, les guides, les vendeurs de tissus pour les tenues des pèlerins… Même l’économie nationale en prend un coup, notamment le ministère de la Sécurité qui renfloue caisses de l’Etat en délivrant les passeports en cette période. Prions Dieu pour que cette maladie s’arrête et qu’on puisse effectuer le pèlerinage en 2015. »

Mme Aissatou Bah, citoyenne de Labé, avait pris la décision de se rendre à La Mecque cette année, mais le destin en a décidé autrement. Elle aussi affirme que « depuis l’année dernière, je manifeste la volonté de me rendre à La Mecque cette année. J’étais prête à 60%, parce que même mon passeport je l’ai fait au début de l’année pour éviter tout blocage à  l’approche du hajj. Mais aujourd’hui, je comprends que ce n’est plus possible de le faire cette année. Si je l’avais su plus tôt aussi, je pouvais me faire inscrire dans un autre pays, mais le doute a plané jusqu’à la dernière minute pour  finalement annoncer la non-participation des pèlerins guinéens ».

Ousmane Barry travaille dans le secteur éducatif. Lui aussi s’attendait à bénéficier des billets que l’Etat octroie chaque année  à ses différents départements pour le pèlerinage. Il regrette le fait que « si le hajj avait eu lieu cette année, rien n’allait m’empêcher d’aller ; parce qu’en 2013, nos ainés au service ont bénéficié des largesses de l’Etat. Ils ont effectué le 5ème pilier de l’islam. Cette année devrait être notre tour ; mais ce n’est pas grave, je suis certain que l’année prochaine l’Arabie Saoudite va lever son refus de visa. »

Il faut noter que même les medias prennent un coup. D’habitude en cette période, les agences de voyage font beaucoup de communications pour informer ou convaincre les pèlerins, de s’inscrire chez elles, mais cette année aucune annonce ou publicité ne passe dans les medias locaux dans ce sens.

Alpha Ousmane Bah

 

 

 

 

 

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