Le Dr Faya Millimouno

 

Dimanche 18 mai,  Dr Faya Millimouno, président du Bloc Libéral  est revenu d’un périple qui l’a conduit aux Etas Unis, au  Canada, en France et en Belgique. Notre reporter qui  était à l’aéroport de Gbessia a profité de l’occasion pour s’entretenir avec lui. Lisez !

Guinee7.com : Dr Faya, vous revenez d’une tournée à l’étranger, dites-nous comment ça s’est passé ?

Dr Faya Millimouno : D’abord, je suis content de retrouver mes compatriotes, les militants  du Bloc Libéral  et les responsables du parti qui se sont fortement mobilisés pour m’accueillir. Je leur dis merci pour l’accueil.  Et aussi je suis content de retrouver le peuple de Guinée. Nous sommes partis de Conakry, c’était le 23 février dernier. C’est un voyage qui nous a amené aux Etats unis. Nous avons fait beaucoup de voyages à l’intérieur des Etats Unis, nous avons été au Canada et sur le chemin du retour, nous avons fait escale en Belgique et en France.

Quelles sont les retombées de cette tournée pour le Bloc libéral ?

Nous sommes un parti en construction et à  chaque fois que l’on a l’opportunité de sortir, il faut aller à la recherche de militants et sympathisants expliquer à ce que nous rêvons pour notre pays. Nous avons été au Canada et on a trouvé là-bas des anciens amis  et il y a de l’engouement du côté des Etats Unis, du Canada ou de la Belgique. C’était ça la première mission.

L’autre mission, c’était aussi de connecter le BL avec  le monde international. Nous sommes un parti qui a l’ambition de vouloir diriger ce pays dans les années qui vont suivre et il faut que nous ayons la connexion avec les grands leaders de ce monde. Donc, de temps en temps, il faut que nous sortions  pour que nous prenions des contacts qui peuvent nous apporter à court ou long terme.

Quelle analyse faites-vous de l’actualité politique du pays ?

J’étais à l’extérieur, c’est vrai  et lorsque nous disions au peuple de Guinée il y a quelques mois s’est avéré vrai. Il vous souviendra que lorsqu’on a adopté le budget 2014, nous avons appelé ce budget une conspiration contre le peuple de Guinée. Alpha Condé a préféré se donner 2 milliards de GNF par jour au lieu de donner suffisamment d’argent à la sa santé pour qu’en cas de problème, les citoyens guinéens puissent être sauvés. Ebola est passé par là, la méningite est là en train de tuer les Guinéens et il y a aussi de la déstabilisation que nous constatons. Encore à Mamou, il y a des problèmes au moment où nous parlons. Il y a des problèmes qui se sont passés à Yomou. Nous étions à l’extérieur, mais notre cœur était là. Nous étions en contact avec des responsables du parti. Ce sont des choses que nous   avons déplorées et nous allons continuer à envoyer des messages forts en direction de la population guinéenne pour dire qu’Alpha Condé a échoué et il ne reste plus qu’à lui montrer la porte.

Le gouvernement n’a toujours pas réagi à la lettre que l’opposition lui a adressée par rapport au respect des accords du 3 juillet. Quels commentaires en faites- vous ?

Je crois qu’on ne peut pas se limiter seulement à une lettre. Ecoutez, nous sommes des partis politiques. Nous ne sommes pas des subordonnés au gouvernement. C’est des subordonnés au gouvernement qui écrivent au gouvernement et attendent la réponse de ce gouvernement. Nous sommes en train de conquérir le même fauteuil  dans lequel est assis le Pr Alpha Condé. Ce qui est de notre droit, nous devons l’exercer. Si nous voyons que les choses qu’il doit faire ne sont pas faites, nous devons exercer nos droits constitutionnels. Et c’est ce que nous allons continuer à faire.

Est- ce à dire que  vous vous désolidarisez de vos collègues de l’opposition ?

Pas du tout. On ne se désolidarise pas. Sauf que c’est inefficace d’écrire. Ça fait des années que nous écrivons à cette administration. Quelque part, il vous souviendra que lorsque le Pr Alpha Condé s’est installé, la première démarche qui a été faite par l’opposition c’était d’écrire au Ministre de l’Administration du territoire qui nous a traités avec mépris ; on a écrit au Premier Ministre et ce fût la même chose. Alors pourquoi continuer à leur écrire ? Le Bloc Libéral n’est pas subordonné au gouvernement. Nous  sommes en train de conquérir le même fauteuil sur lequel  est assis le Pr Alpha Condé et nous allons le lui faire savoir.

Par rapport au parlement, quelle est votre lecture depuis son installation ?

Ce que le BL a dit par rapport au parlement, c’est ce que nous sommes en train de vivre aujourd’hui. Nous avons dit qu’on ne doit pas continuer à dire la même chose et s’attendre à un résultat différent, nous avons dit que dans le passé nous avons eu des parlements dans lesquels des personnalités comme Bah Mamadou ou Siradiou étaient là. Ça n’a pas changé quelque chose. On ne devait  pas cautionner  cette mascarade électorale qui a permis à Alpha Condé de  se donner un peu plus de crédibilité au niveau international qui lui permet de dire qu’aujourd’hui, il a des institutions en place  alors que tout est dans les mains du Pr Alpha Condé.

A un moment donné vous avez suggéré qu’on couple les communales et les présidentielles, vous y tenez toujours ?

Nous ne voulons pas que l’histoire nous donne raison, nous voulions que les gens prennent la mesure de ce que nous sommes. Nous sommes un pays pauvre. Alpha mange lui seul déjà  une bonne partie du budget guinéen et passe le temps à se promener à travers le monde. Pour que la Guinée organise  une élection municipale, ça nous demande des mois de ‘’ mandjaladi’’ (Ndlr : aller demander de l’aide) à travers le monde. C’est pourquoi, nous avons dit que ce n’était pas dans l’intérêt du BL, c’était dans l’intérêt du peuple de Guinée que toutes les élections soient combinées en 2015. Mais on a renforcé la position du Pr alpha Condé et je crois que c’est maintenant que nous devons commencer à travailler pour lui montrer la porte.

Et la CENI, s’est dite pas prête à organiser les élections…

La CENI a toujours été incompétente, il faut la balayer. Aujourd’hui, nous avons besoin d’avoir une CENI technique. Le consensus doit se dégager par rapport à cela. Si la CENI se dit incompétente par rapport à la question de l’opérateur, ça veut dire que nous avons affaire à des  gens qui ne doivent pas continuer à émarger au budget de l’Etat.

Propos recueillis par El. Mohamed Koula Diallo