Le mouvement syndical a fini par  suspendre son mot d’ordre de grève au terme d’un protocole d’accord passé avec le gouvernement qui n’a pas pris en compte le point relatif à la baisse du prix du carburant. Ce qui a provoqué des grincements de dents chez certains adhérents, qui qualifient  plutôt ledit accord de flop, soupçonnant les leaders syndicaux de corruption.

 C’est le secrétaire général de la Confédération nationale des travailleurs de Guinée (CNTG), Amadou Diallo,  qui a annoncé la fin de la grève lors d’une réunion qui s’est tenue  vendredi dernier à la Bourse du travail. Amadou Diallo, a indiqué que cette décision résultait d’une avancée dans les pourparlers entre le mouvement syndical et le gouvernement, avec la médiation du parlement. Le  bureau de l’assemblée nationale avait rassuré la veille les syndicalistes de tout mettre en œuvre pour forcer la main au gouvernement, pour ce qui est de la prise en compte de l’essentiel de leurs préoccupations contenues dans la plateforme revendicative. Au moment où se tenait cette assemblée générale à la Bourse du travail, une  délégation du gouvernement conduite par le Premier ministre Mamady Youla,  était aussi en pourparlers  à l’assemblée autour du protocole d’accord devant être signé avec le mouvement syndical.

Il faut préciser toutefois que la grève est suspendue sans que ne soit résolue la question centrale portant sur la baisse du prix du carburant à la pompe. Les représentants du mouvement syndical, face au refus du gouvernement d’accéder à cette demande, ont néanmoins insisté à ce qu’aucune hausse n’intervienne alors sur le prix du litre à la pompe, au cas où le prix du baril venait à flamber. Même si le prix du baril dépassait les 200 dollars usd, en Guinée à la pompe, le prix sera à 8000 GNF jusqu’à décembre 2016, a juré le porte-parole du mouvement syndical, Mamadou Mansaré, lors de l’assemblée générale qui s’est déroulée le vendredi dernier, face à des adhérents sceptiques et très remontés. Dans une ambiance électrique, des gens ont lâché dans la salle ‘’c’est des corrompus.  On n’est pas du tout d’accord. C’est une trahison de votre part.’’ C’est sur cette note que la fin de la grève sera déclarée par l’inter-centrale syndicale,  dont les membres vont quitter les lieux presque sur la pointe des pieds pour rejoindre le parlement.

Rappelons qu’au terme des négociations, qui se sont déroulées sous l’égide du bureau de l’assemblée nationale, les syndicats ont réussi  finalement  à obtenir la satisfaction de 12 points sur les 16, contenus dans la plateforme revendicative. Des points portant entre  autre sur  la revalorisation des salaires, la suppression des barrages routiers non conventionnels, la revalorisation des pensions, l’application des conventions collectives pour les secteurs miniers, les BTP, la presse.

Cet accord qui a permis de mettre un terme à cette crise sociale, est diversement apprécié. Car si certains observateurs saluent son avènement, qui a permis de ramener la quiétude dans la cité, après 5 jours de grève, émaillée d’incidents par endroit, d’autres ont par contre qualifié ce protocole de flop. Pour la simple raison, pour eux, que la baisse du prix du carburant à la pompe, qui constituait le point nodal de ces revendications, n’a pas bénéficié d’un avis favorable de la part du gouvernement. Ce que les leaders syndicaux balaient d’un revers de la main, en affirmant avoir plutôt réussi, contre un gouvernement qui n’avait pas l’air  d’être de bonne foi dans sa démarche, ce depuis le début de la crise sociale. Une crise sociale qui aura fortement écorné l’image de la gouvernance actuelle.

Aliou Sow in Le Démocrate, partenaire de guinee7.com