Le championnat guinéen de ligue 1 sera lancé ce vendredi à Conakry, au stade Petit Sory de Nongo, dans une ambiance peu conforme aux années précédentes. Une crise profonde mine le football de notre pays et se matérialise par l’abstention, en ce qui concerne la première division, de six clubs sur quatorze.

Le championnat va donc démarrer avec 8 clubs engagés (pour l’instant) sur les quatorze qui devraient être en compétition. Ce vendredi le Hafia FC reçoit l’AS Mineur de Sangaredi au stade Petit Sory. Il ne devrait pas y avoir de soucis à se faire puisque les deux clubs cités sont en parfait accord avec le bureau provisoire de la ligue guinéenne de football professionnel. Par contre, six clubs qui essentiellement avaient des représentants dans le bureau révoqué par le Comité de normalisation de la feguifoot ont décidé de ne pas prendre part à un championnat organisé par leurs ‘’remplaçants’’. Du moins, en attendant le verdict de leur plainte au niveau du tribunal arbitral du sport (TAS). Ils ont été révoqués pour « manque de transparence dans la collaboration… avec le CONOR ». De leur côté, ces dirigeants de clubs parlent d’une décision illégale et infondée, du moment où quelques membres du bureau révoqué se retrouvent dans le bureau provisoire qui a été mis en place.

Dans la foulée du championnat programmé pour un démarrage ce 28 octobre, les acteurs se sont exprimés partout dans les médias et plus la date se rapprochait, plus l’inquiétude grandissait sur le fait de voir un championnat démarrer sans certains clubs, notamment le CI Kamsar, le Wakriya AC et le Horoya (octuple champion en titre) pour ne citer que ceux-ci.  C’est ainsi que des tentatives de médiations ont eu lieu dans le but de rapprocher les positions. Le ministre des sports en personne a présidé une réunion entre parties concernées (la feguifoot et le bureau révoqué). Je vous épargne les détails, il n’y a pas eu d’accord.

Il faut tout de même préciser que les six clubs ont affirmé vouloir démarrer le championnat à une seule condition, que le bureau provisoire soit recomposé de façon paritaire pour que toutes les parties soient représentées. Nous sommes à une étape où rien n’a été fait dans ce sens, les parties sont donc restées sur leurs positions initiales. Le CONOR faisant la sourde oreille, le ministère amorphe et le comité national olympique et sportif de Guinée qui s’est engagé dans une médiation s’est vu impuissant face à la position ferme du CONOR-FGF et le manque de respect qui a été infligé à son président par le ministre des sports, qui n’a pas eu le temps de le recevoir après plusieurs heures de patience jeudi dans la salle d’attente de son bureau.

Le tableau est donc là. Très sombre. Situation totale de blocage. Dialogue inexistant. Guerre des égos… Mais la question principale est de savoir à qui profite cette crise ? Qui gagnerait à voir le championnat se dérouler avec huit clubs ?

D’abord cette crise n’arrange personne. Ni les abstentionnistes (à quoi ça sert de s’entraîner sans jouer ?), ni le CONOR-FGF (c’est un échec d’organiser un championnat à minima). Mais ça, c’est dans un monde meilleur, sinon les loups vont se régaler qu’une situation comme celle-là se présente et que ça aille très loin d’ailleurs. Un pourrissement total qui aurait des répercussions sur le calendrier de la normalisation, permettant ainsi à certains de bénéficier encore des privilèges y afférents. L’autre meute se dirait en ce moment « rien à faire, vous avez dit pagaille ? Allons-y ».

Qui perd en ce moment ? C’est l’athlète. Ce sont les acteurs directs. Ce sont les supporters. Les médias, etc. C’est plus tard l’indice du football guinéen qui est accroché aux performances du Horoya AC, on assiste chaque année aux échecs lamentables des autres représentants en interclubs. En réalité même les clubs qui ont décidé de jouer perdent. Et ils perdent le plus important, l’adversité.

Vivement un accord entre les parties pour que notre championnat qui s’est fait des jaloux en Afrique de l’Ouest, poursuive son ascension sur le continent africain.

Alpha Mady Touré