Routes jonchées de carcasses de véhicules incendiés, prison civile cassée, bavures policières, courses poursuites, jets de bombe lacrymogène, excusez du peu, Fria, la ville de l’alumine, ressemblait ce mercredi matin à un territoire en guerre. La manifestation pacifique des femmes pour le départ de Gnalen Condé, la préfète, avait dégénéré et s’était transformée en véritable guérilla urbaine entre les jeunes et les forces de l’ordre. La situation était ingérable quand Macka Traoré, ressortissant de la ville, concepteur de Fristival (le festival de Fria), prit très tôt l’initiative de venir de Conakry pour jouer les médiateurs. ‘‘Je sais que mes frères, les jeunes de Fria, mes sœurs et mamans, les femmes de Fria, ont un grand respect pour moi. Et comme j’ai constaté que ma ville sombrait dans la violence, ce mercredi, personne n’a travaillé, tout était fermé, y compris les établissements scolaires, j’ai décidé d’aller parler à ma famille’’, nous raconte-t-il.

Avant de poursuivre : ‘‘Dès que suis arrivé, j’ai pris contact avec tout le monde ; autorités, mes frères, mes sœurs, mes mamans, les forces de l’ordre, tout le monde. Et ils ont tous été sensibles à mon message. Du coup, j’ai réussi à faire libérer mes frères interpellés ; j’ai réussi à l’aide de mes frères à lever les barrages sur les routes, moi-même j’ai participé à nettoyer les routes et j’ai surtout réussi à mettre autour d’une table, mes mamans, mes frères et les autorités. Je suis encore à Fria pour continuer à calmer le jeu. Je décide de rencontrer ce jeudi tous mes frères dans leurs Grins (les lieux de rencontre), pour leur dire que notre ville vient de loin, pour leur dire que nous pouvons autrement revendiquer nos droits. Pour le moment, Alhamdoullah, ma ville retrouve une nuit paisible.’’

Pour rappel, lundi dernier, un groupe de femmes a manifesté pour le départ de la préfète, Gnalen Condé qu’elles accusent de détournement des cadeaux qui leur sont destinés ; mais aussi de n’avoir ‘‘rien fait pour la ville de Fria’’. Jusqu’au mardi, ce groupe de femmes campait dans la cour de la préfecture. La situation a dégénéré quand de jeunes gens s’y sont mêlés en érigeant des barrages sur les artères principales. L’intervention musclée des forces de l’ordre corsa la situation.

 Fatoumata Kaba pour guinee7.com

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