Suite à une mutinerie en 1996, Lansana Conté fut contraint de mettre en place un gouvernement qui devait résoudre l’essentiel des problèmes structurels d’un régime aux abois. Sidya Touré, technocrate, dirigea ainsi de « jeunes ministres » pour la plupart ayant des expériences de gestion comme lui. Ils avaient réussi à faire tourner la machine avant que l’engrenage ne calle dans des intrigues guinéo guinéennes.

Le CNRD depuis sa prise de pouvoir, il y a près de deux mois, tourne pour nous trouver un gouvernement costaud. Il a innové en recevant des candidatures -même si on ne sait pas comment celles-ci sont faites-, et en procédant à des interviews. Seulement voilà. Contrairement à l’équipe de 1996 dirigée par quelqu’un rompu à la tâche de la gestion, notre premier ministre actuel a surtout travaillé à l’international- c’est son atout principal-, à des postes de relation publique. Ce qui n’est pas en soi, un handicap mais devrait s’appuyer sur une certaine expérience. Nous devons toujours garder à l’esprit que nous gérons une transition. Donc normalement une période courte qui donne peu de chance à un « junior » d’apprendre, de s’adapter.

En un mot ou en quatre, recruter des bleus -il y en a qui sont bons, mais sont minoritaires-, pour diriger des ministères quand on est, nous-mêmes bleus pourrait être improductif.

Par ailleurs, si après de longues interviews, c’est de sortir ces profils de ministrons servis à la carte, il y a forcément à se poser des questions sur le profil des intervieweurs qui auraient dû relever le niveau d’expérience compte tenu du temps relativement court qui pourrait être imparti a une transition.