Yamoussa Touré

 

L’unité d’action syndicale a profité de son assemblée générale tenue le samedi 7 mars dernier, pour lancer un avis de grève portant sur  les journées du  lundi 9 et du mardi 10 mars 2015, pour protester contre  le refus des autorités de prêter une oreille attentive concernant la demande formulée par les trois syndicats membres de cette unité d’action en faveur d’une baisse du prix du carburant à la pompe. Ce mouvement de grève va constituer de premier test pour le président de la COSATREG, Yamoussa Touré, transfuge de la CNTG.

Yamoussa Touré du COSATREG, Fodé Kadiata Modou Touré du CGFOG et  Yamodou Touré de l’ONSLG, tel est le trio de tête qui voudrait défier le gouvernement et les autres centrales syndicales réunies autour de la CNTG, qui elles, semblent approuver la légère baisse des prix des produits pétroliers à la pompe, consentie par les autorités. Avec le prix du litre qui est passé de 10 mille francs guinéens à 8 mille francs guinéens.

Un réajustement que l’unité d’action syndicale rejette d’emblée.  Elle l’a d’ailleurs fait savoir dans sa déclaration rendue publique à la veille du déclenchement de ce débrayage. « Nous rendons responsable notre gouvernement, qui se sert de la dichotomie au sein de la famille syndicale pour faire de la flexibilité du prix des produits pétroliers un moyen d’asphyxie des travailleurs, octroyant une exclusivité à certains syndicats par rapport à d’autres. Nous prenons aussi en compte les revendications des 2 500 enseignants, des médecins internes des hôpitaux, des retraités et les travailleurs de Conakry Expresse », avertit l’union d’action syndicale. Qui ajoute que  « l’unité d’action syndicale vient de noter le refus de l’autorité compétente à prendre l’initiative d’une négociation structurée avec les signataires du préavis de grève daté du 21 février 2015, ce, conformément aux articles 431.4,  431.5 et  431.6 du code du travail. » C’est compte tenu de toutes ces raisons que l’unité d’action syndicale, regroupant  ‘’l’ONSLG-la COSATRREG- la CGFOG, invite l’ensemble des travailleuses, travailleurs, des secteurs publics, mixtes, privés, informels et les retraités de Guinée à observer la grève d’avertissement reconductible les 9 et 10 mars 2015.’’

Force est de reconnaitre que cette grève n’a pas réussi à paralyser les activités à Conakry et à l’intérieur du pays.  Vu que ces trois centrales qui appellent à la grève ne semblent pas peser lourd dans la balance face à l’Intercentrale, qui jusque-là était celle qui réussissait à paralyser les activités dans la cité, par des débrayages. Toutefois il est important de signaler le mécontentement quasi général provoqué par le fait que le réajustement  des prix du carburant auquel le gouvernement a déjà procédé n’ait encore pas d’incidence sur les tarifs des transports au niveau urbain. Car si le prix du tarif au niveau des taxis a été réduit de 200 francs guinéens, passant ainsi de 1500 francs guinéens à 1300 francs guinéens, le manque de petites coupures de billets de banque rend impossible l’application de cette mesure. Du coup, ce sont les populations qui en paient le prix fort. Tandis que les transporteurs eux, tirent leur épingle du jeu. Une situation créée et entretenue par un gouvernement qui s’illustre par son manque d’efficacité.

Avec le Démocrate