Grève générale illimitée du 05 janvier 2015 : Le coupable, c’est lui Mohamed Saïd Fofana (Opinion)

Décidément Mohamed Saïd Fofana aura fait voir de toutes les couleurs au Pr Alpha Condé, des mures et des pas mures. Décidément, il lui fera boire le calice jusqu’à la lie.

Comme si, il ne lui suffisait pas d’être un ectoplasme, un personnage falot, manquant d’entregent et de leadership pour cornaquer l’action gouvernementale, comme si, il ne lui suffisait pas de continuer d’être à la tête d’un gouvernement miné par des guerres de clans et qui aura échoué à donner l’impulsion souhaitée et attendue du locataire du palais Sékoutoureya au programme de changement prôné par ce dernier, comme si, il ne lui suffisait pas d’avoir été infichu de promouvoir le dialogue politique et social, pourtant mission relevant de ses devoirs constitutionnels, comme si, rien de tout cela ne lui suffisait, Mohamed Saïd Fofana, n’aura trouver meilleur cadeau de nouvel an au chef de l’Etat, qu’une grève générale illimitée, décidée par les centrales syndicales à compter du lundi 05 janvier 2015.

En deux mots comme en mille, Mohamed Saïd Fofana, c’est lui le problème, parce que c’est lui qui est à l’empêcheur de tourner en rond, c’est lui le rabat-joie. A lui seul, il porte le chapeau de ce qui se dessine, de ce qui arrive et de tout ce qui pourrait en découler.

C’est lui le coupable, pour une raison majeure. Qui suffit à elle pour le sacrifier. C’est un secret de Polichinelle au sein du gouvernement, Mohamed Saïd Fofana n’a jamais daigné transmettre aux départements techniques que sont les finances et le budget, le document de protocole d’accord tripartite gouvernement-patronat-syndicat, signé depuis Mai 2014. Empêchant ceux-ci de plancher dessus, de passer en moulinade son contenu, de peser et de soupeser les revendications de la classe ouvrière, pour en évaluer l’applicabilité et déterminer la cadence des réponses à y apporter.

Le coupable c’est lui Mohamed Saïd Fofana, pour avoir donc gardé par devers lui ce document précieux dans lequel sont contenus les engagements du gouvernement vis-à-vis du mouvement syndical. Face à une telle obstruction, comment voulez-vous que les ministres Mohamed Diaré et Ansoumane Condé puissent agir alors qu’ils ne savent rien du contenu des points d’accord entre le gouvernement et les syndicats ? Ce ne sont pas eux les fautifs, le coupable c’est lui Mohamed Saïd Fofana. Que le président ait chanté pouilles à ces deux hier, ne rime à rien, car, le problème, ce ne sont pas eux, c’est lui. Au Pr Alpha Condé d’ouvrir un peu les yeux…

Certes l’économie nationale a été fragilisée, déglinguée par une épidémie qui est tombée sur le pays comme la pauvreté sur le monde, voici bientôt une année, certes avant elle, il y eût la longue litanie de manifestations de rue et leur cortège funeste de morts, de destructions et de pertes incommensurables, certes exiger du gouvernement, dans un contexte de marasme de cette amplitude, une augmentation de 300% sur les salaires, relève plutôt de l’aberration et de l’hérésie, mais il est à dire que le gouvernement aura pêché par son inertie, voire son incurie à faire face aux revendications des travailleurs parmi lesquelles figurent des points dont la satisfaction, non pas entière, mais graduée, n’est pas tout de même synonyme de montagne à déplacer ou de lune à décrocher avec ses dents.

Mais quand on a décidé de poignarder celui qui vous a fait confiance, les yeux fermés, voici plus de quatre ans, quand on a décidé de plomber son élan et son rythme, quand on a décidé de ramer à contre-courant de la marche en cours, de la dynamique enclenchée, quand on a décidé de dynamiter tout ce qui a été construit pierre après pierre, quand on a décidé de mettre à l’eau des années de dur labeur et de sacrifices consentis par tout un peuple, au moment où pointe à l’horizon, le temps de la récolte, quand on est dans une telle posture, on ne peut agir autrement que ce qu’a fait Mohamed Saïd Fofana.

Le coupable, ce sera lui, lui seul si la Guinée venait à échouer au seuil de la sixième et dernière revue de son programme avec les institutions de Bretton Woods, le FMI et la Banque Mondiale. Deux mois, deux petits mois séparent notre pays du blanc-seing de ces institutions, qui le fera entrer dans le cercle restreint des bons élèves, ce qui lui ouvrira à coup sûr les portes d’une embellie économique, profitable à tous.

Mais Mohamed Saïd Fofana a décidé seul de foutre tout cela en l’air, de se moquer du tiers et du quart, en faisant courir au pays le risque d’une ébullition sur le front social, dommageable à la fois à son image et à son économie, exsangue du fait d’Ebola.

Et puisque c’est lui le coupable de cette situation malencontreuse à laquelle se voit confronté le chef de l’Etat en ce début de nouvel an, puisque, à cause de sa mauvaise foi avérée, de ses pas de Clerc, et de ses impérities, les opposants au Pr Alpha Condé, en tête El Hadj Cellou Dalein Diallo à qui un statut de chef de file de l’opposition avec rang protocolaire vient d’être accordé, ont l’occasion de souffler sur la braise, puisque, à cause de tout cela, il fait entrer de pleins pieds le pays dans un cycle de remous et d’incertitudes aux conséquences fâcheuses, il doit payer et en tirer toutes les conséquences.

Démissionner ou être dégommé, le plutôt sera le mieux, la situation urge…

Alkaly Sagno

 

 

 

 

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